Retraites des élus : récupération politique d’une revendication populaire

Trois partis entrent en lice, le PAM, le PJD et l’Istiqlal promettent d’intervenir pour mettre fin à ce privilège.

Ce qui n’était qu’une revendication populaire, plutôt marginale, prend l’allure d’un débat politique de fond. Cette problématique de la retraite des parlementaires est fortement remise au goût du jour ces derniers temps. D’une part, une pétition circulant sur les réseaux sociaux a déjà été signée par plusieurs dizaines de milliers de personnes (près de 50 000 à l’heure où nous mettions sous presse). D’autre part, de plus en plus d’acteurs politiques réagissent à ce débat. Le chef du groupe parlementaire du PAM à la deuxième Chambre, Aziz Benazzouz, a ouvert le bal, suivi, il fallait s’y attendre, du conseiller PJD, Abdelali Hamieddine. Le premier estime que cette pension n’est ni plus ni moins qu’une rente politique ; le second y renonce publiquement dans un élan de surenchère politique entre les deux partis rivaux.

La position la plus raisonnable, pour le moment, est exprimée par l’Istiqlal par le biais de son porte-parole Adil Benhamza, député de la première Chambre. Ce dernier estime que les parlementaires ont le droit de disposer d’un régime de retraite mutuel à l’instar des autres «corporations» comme les avocats et les autres professions libérales, mais à condition que l’État cesse d’y contribuer. L’État participe, en effet, à travers le Parlement et à hauteur de 50% (soit 2 900 DH par élu par mois), à la Caisse de retraite des parlementaires mise en place en 1984 et régularisée en 1992, avant d’être élargie aux conseillers plus d’une décennie plus tard. Cela dit, la suppression du régime de retraite risquerait, prévient-on, de décourager un pan des citoyens (ceux incapables d’assurer leur propre retraite) à se porter candidats aux élections parlementaires.