Retraite des parlementaires : El Othmani dit non au renflouement de la caisse

Le chef du gouvernement invite les parlementaires à proposer une loi portant sur la création d’une caisse spécifique.

Le dossier de la retraite des parlementaires a été rouvert discrètement. La question a été abordée notamment lors d’une récente réunion de la conférence des présidents à la première Chambre, selon des sources parlementaires. On aurait même évoqué la possibilité de recours à la justice par les 970 anciens députés qui sont privés depuis octobre 2016 de leur pension de retraite. Dans la majorité des scénarios, ils comptaient sur un coup de main du gouvernement pour renflouer ses caisses. Le chef du gouvernement vient de leur signifier, une nouvelle fois, son rejet de cette option. C’était lors de la séance mensuelle des questions de politique générale de l’Exécutif, tenue mardi à la Chambre des conseillers.

Le chef du gouvernement a notamment signifié aux anciens membres de la première Chambre, ceux de la deuxième continuent paradoxalement de percevoir leur retraite, que l’Etat ne renflouera pas leur régime de retraite en faillite. «S’il ne tenait qu’à moi, j’aurais supprimé le régime de retraites des ministres. Vous connaissez depuis longtemps mon avis sur ce point», a souligné El Othmani lors de son intervention devant la Chambre des conseillers. Le dossier est politiquement sensible au point qu’aucun parti ou groupe parlementaire n’a pris l’initiative de le défendre. Bref, renvoyant la balle dans le camp des parlementaires, le chef du gouvernement a suggéré aux conseillers d’adopter une proposition de loi portant création, encadrement et gestion d’une caisse de retraite spécifique aux élus. «C’est à vous, qui êtes les législateurs, de proposer une loi vous permettant de gérer vos retraites», a-t-il proposé aux parlementaires.