Quid de l’Istiqlal et de l’USFP ?

L’USFP est incontestablement le grand perdant de ces élections. Et ce n’est pas le PJD seul qui l’a battu. Les islamistes n’ont fait que profiter de la situation.

Ce sont ses luttes intestines qui ont fini par terrasser le parti socialiste. Avec seulement 2 656 sièges (et une cinquième position), il perd 17,67% des sièges par rapport à 2009. Le parti socialiste est pour ainsi dire éjecté de plusieurs villes, dont son fief qu’est Agadir, mais aussi de Casablanca, de Rabat, de Marrakech, Tanger, Tétouan et dans d’autres villes où il assurait encore une présence, même timide, mais notable. Paradoxalement, ceux qui viennent de le quitter pour fonder une nouvelle formation de gauche ont pu glaner quelques sièges ici et là. 

Il s’agit, entre autres, de Tariq Kabbaj, Abdelali Doumou, les deux disciples de feu Ahmed Zaidi et bien d’autres. Un bémol toutefois, le parti a pu s’imposer à Guelmim et toute la région de Guelmim-Oued Noun. Malgré cela, il est désormais condamné à un statut de moyen, voire petit parti s’il n’arrive pas à régler ses problèmes internes. Son retour au devant de la scène politique est pour le moins improbable. D’autant qu’il ne peut plus compter sur la Koutla, une entité également morte, pour un retour en force. 

Cela contrairement à son allié, l’Istiqlal, qui, bien qu’il ait perdu Fès (mais risque fortement de prendre la région Fès-Meknès) et quelques autres fiefs électoraux, notamment dans le Souss, peut facilement se reprendre en main. L’Istiqlal étant connu pour être une machine électorale. Comme le PJD, il dispose d’un électorat plutôt stable et fidèle. Ce qui est un atout notoire. C’est ce qui explique d’ailleurs sa deuxième place et un très léger recul par rapport à 2009 (il a perdu seulement 3,5% des sièges).