Programmes des partis : quelques idées intéressantes et beaucoup de similitudes

Proximité, services communaux améliorés, écoles, routes, santé ont été les principaux axes.
Certains partis ont fait l’effort de présenter des déclinaisons locales de leur programme national.

Jeudi 11 juin, minuit. La campagne électorale touche à sa fin. Pendant 13 jours, à la télévision, dans les journaux comme dans des centaines de meetings électoraux, les partis politiques ont présenté leurs candidats, et défendu des programmes plus ou moins détaillés. Chez certains partis, comme le RNI, ces documents étaient publics depuis avril. D’autres formations en revanche ont préféré cultiver le secret jusqu’à la dernière minute, à l’instar du PJD, qui n’a présenté le sien qu’un peu plus de 24 heures avant le démarrage de la campagne électorale.
Au menu pour chaque parti, un programme national contenant les grandes lignes de sa politique locale. D’autres programmes locaux, plus adaptés aux différentes circonscriptions visées, ont également été présentés par les candidats. Parmi les propositions saillantes, l’on retiendra ainsi celle du PPS, qui promet notamment de moderniser l’administration locale pour faciliter la vie aux citoyens ou encore celle de l’Istiqlal qui a élaboré un modèle de budget communal à l’intention de ses futurs «maires». Pareillement, le FFD a préparé un programme national qui espère réaliser une bonne gestion des affaires locales via le développement des ressources humaines travaillant dans les communes. L’USFP et l’Istiqlal, pour leur part, précisent, entre autres, vouloir renforcer la politique de proximité en se focalisant sur le développement de projets qui correspondent aux besoins des communes. Pour les secteurs de la santé et de l’éducation, le PPS souhaite réduire considérablement le taux de mortalité infantile et éradiquer l’analphabétisme surtout dans les régions rurales. Quant au RNI, il s’engage à favoriser l’organisation de caravanes médicales et à promouvoir le financement du transport scolaire pour les enfants habitant loin de l’école.
Pendant ce temps, côté gestion urbaine, le PJD propose, entre autres, de développer davantage les infrastructures urbaines, notamment via la mise en place, dans certaines villes, d’un système de quartiers pilotes, disposant de tous les équipements nécessaires. En cas de succès, il se propose d’étendre l’expérience à des zones plus anciennes.
Le Mouvement populaire, lui, se propose d’attirer les investissements vers les régions rurales pour réduire les inégalités, mais s’adresse aussi aux villes. Similairement, l’UC propose d’orienter les jeunes pour la création des petites et moyennes entreprises. Pour sa part, le PSU se propose, avec la collaboration des Bureaux nationaux de l’eau et de l’électricité, de généraliser le réseau de l’eau potable et de l’électricité sous un projet déterminé pendant une période donnée et dans des endroits précis pour plus d’efficacité. Enfin, le PAM propose, entre autres, de recourir à la planification participative pour une gestion raisonnable et transparente des programmes de travail des communes.
Que faut-il retenir de tout cela au final ? Rien de révolutionnaire, beaucoup de similitudes et, néanmoins, quelques idées intéressantes. L’ambition de rénovation et d’innovation a eu beau être un objectif récurrent dans les propositions des partis, dans la pratique, les programmes offrent grosso modo le même plat de résistance, même si les entrées ont eu tendance à varier. De même, les propositions des partis à l’échelle nationale sont restées sur la lignée de celles qu’ils ont présentées à la veille des élections législatives de 2007. Dans certains cas, elles coïncident même avec des programmes gouvernementaux en cours d’application, ou encore des mutations imposées par (…) la dernière version de la Charte communale. Il est vrai aussi qu’on ne peut pas demander à nos politiciens de réinventer la roue ! Ces programmes ont-ils convaincu les électeurs ? On le saura en découvrant le taux de participation ce vendredi 12 juin.