PPS, le parti du «pragmatisme politique»

En 70 ans d’existence, le PPS a changé d’appellation deux fois, a été interdit deux fois et a été victime d’une scission deux fois. C’est en 1943 que l’actuel PPS a vu le jour sous l’appellation de PCM, Parti communiste marocain, comme une antenne locale du PC français.

C’est d’ailleurs l’un des rares partis reconnus officiellement par le protectorat avant d’être interdit pour la première fois en 1952 suite aux manifestations dénonçant l’assassinat du syndicaliste tunisien Ferhat Hachad. Le PCM a repris du service aux premières années de l’indépendance sous la houlette de trois pionniers, Ali Yata, qui en fut le leader incontesté pendant des décennies, et Abdeslam Bourquia et Abdallah Layachi. Mais ce ne sera pas pour longtemps. Il sera interdit, cette fois dans le Maroc libre, sous le gouvernement d’Abdellah Ibrahim, en 1960. L’argument ayant motivé son interdiction est que dans un Maroc musulman, il ne peut y avoir de parti communiste. Les camarades entrent donc dans la clandestinité, sans pour autant cesser de recruter surtout parmi une jeunesse rebelle et perméable aux idées et idéaux de la gauche. En 1968, le parti sort de la clandestinité sous une autre appellation, le Parti de libération et du socialisme, PLS, et au prix d’une double reconnaissance de la monarchie et de l’islam comme religion de l’Etat. C’est ce que Abdelahad Fassi Fihri, membre du bureau politique du PPS, appelle «une adaptation par conformité aux réalités marocaines». Le parti abandonne par la même occasion toute référence officielle dans ses statuts au communisme et fait les frais d’une première scission. Ses éléments radicaux le quittent pour la clandestinité. Le PLS a été quand même interdit une deuxième fois une année plus tard, en 1969. Cinq ans plus tard, il réapparaît sur la scène politique, en 1974, sous une nouvelle appellation, le PPS, et sous la direction d’Ali Yata, qui en tiendra les rênes jusqu’à sa mort, en 1997. Ismaïl Alaoui prend la relève, pour trois ans, d’un parti allégé de quelques centaines de militants qui sont partis créer, avec feu Thami Khayari, le FFD. Une année plus tard, en 1998, le PPS entre au gouvernement pour ne plus le quitter. Entre-temps, Nabil Benabdallah, ancien patron de la jeunesse, est porté à la tête du parti, en 2010, et a entamé depuis une restructuration profonde de la formation. Le PPS a participé aux élections législatives de 1977 et remporté un seul siège sur 264. En 1984, il est sorti des élections avec deux sièges sur 306. Aux législatives suivantes (1993), il fait mieux, 10 sièges sur 333. Il perd un siège aux suivantes. En 2002, il remporte 11 sièges. Il démarre la législature de 2007 avec 17 sièges pour la finir avec 22 sur 325. La transhumance des élus ayant cours encore à l’époque.