Pour incompatibilité, 13 ministres vont démissionner

A peine élu député de Salé, Abdelilah Benkirane devrait déposer sa démission. Et cela dès l’installation des instances de la première Chambre. Les procédures veulent, en effet, que la démission soit présentée au président de la Chambre qui la soumet au Conseil constitutionnel.

Ce dernier déclare le poste vacant et invite le candidat qui vient après sur sa liste d’occuper le poste. C’est d’ailleurs la première fois qu’un pareil cas se présente. Ainsi, et pendant quelques jours, le chef de gouvernement nommé cumulera le poste avec celui de député fraîchement élu. 7 autres ministres du PJD, deux du RNI et deux du MP, ainsi que Lahcen Haddad élu sous la bannière de l’Istiqlal, devront également présenter leur démission. Mais contrairement à Benkirane qui démissionne du Parlement, eux, ils quittent le gouvernement actuellement chargé d’expédition des affaires courantes. Ils devraient présenter leur démission au chef du gouvernement sortant qui devrait la soumettre au Roi. Et cela avant l’expiration du délai d’un mois que leur impose le législateur. En effet, la loi ayant interdit le cumul entre les deux postes, les concernés doivent présenter leur démission de l’un des deux. Concrètement, l’article 14 de la loi organique de la première Chambre précise : «Le mandat de membre de la Chambre des représentants est incompatible avec la qualité de membre du gouvernement. Lorsqu’un représentant est nommé membre du gouvernement, la Cour constitutionnelle, sur demande du président de la Chambre des représentants, déclare, dans un délai d’un mois, la vacance du siège». Certains ministres pourraient éventuellement faire un aller-retour entre les deux institutions, présentant leur démission du gouvernement pour après la présenter de nouveau, mais cette fois du Parlement, s’ils sont invités à intégrer la nouvelle équipe gouvernementale. Au moins quatre ministres ont de fortes chances de se retrouver dans cette situation.