Plaque tournante diplomatique- Laâyoune et Dakhla accueillent déjà 30 consulats

La dynamique d’ouverture des représentations consulaires se poursuit. Elle est en passe de donner naissance à un groupement d’Etats pour la coopération économique et le partenariat international.

Pôle diplomatique. C’est peu dire pour les chefs-lieux des deux régions Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Eddahab. Les deux villes, Dakhla et Laâyoune, abritent déjà une trentaine de consulats généraux ouverts par des pays de partout dans le monde qui appuient la marocanité du Sahara. C’est en soi un exploit inédit de la diplomatie chérifienne, réalisé en moins de trois ans. Soit en moyenne l’ouverture d’un consulat par mois. Un record. Bien évidemment, nous parlons ici de consulats généraux, puisque c’est la Côte d’ivoire qui ouvre la voie en nommant, le 26 juin 2019, un consul honoraire à Laâyoune. Six mois plus tard, le 18 février, elle a décidé d’upgrader sa représentation diplomatique qui devient ainsi un consulat général. En termes diplomatiques, l’ouverture de 30 consulats généraux, en plus de ceux annoncés et non encore concrétisés, représente un appui franc et sans appel à la marocanité des provinces sahariennes. Mais encore ! Le fait que 40% des pays africains aient ouvert des représentations consulaires dans les deux principales villes du Sahara reflète, et c’est à ne pas s’y méprendre, une orientation générale au sein de l’Union africaine qui est, sans doute, appelée à s’intensifier davantage pour aboutir inéluctablement à l’exclusion de la république fantoche du Polisario de cette instance. Le dossier envenime depuis des décennies les travaux de l’Union Européenne et il est temps que les membres passent à autre chose, à commencer par l’inclusion des économies africaines et le développement économique et social dans les pays membres. Sur un autre volet, et au delà du cadre de l’UE, la constitution d’un groupement des Etats ayant ouvert des consulats généraux à Laâyoune et Dakhla est de nature non seulement à conforter la position du Maroc sur ce dossier mais également d’accélérer la résolution du conflit du Sahara. C’est une dynamique qui vient d’être enclenchée. Fin août dernier, et à l’issue de la cérémonie d’ouverture du consulat général du Cap-Vert à Dakhla, le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita avait annoncé la tenue, dans les mois à venir, d’une réunion pour conforter la dynamique d’ouverture des consulats au Sahara et créer une plus grande coordination entre les Etats ayant ouvert leurs représentations consulaires dans les deux villes.

Dakhla, trait d’union entre le Maroc et l’Afrique

Mais au fond, bien que ce volet est sans conteste le plus important, il ne s’agit pas uniquement de cela, au vu de la transformation à vue d’œil de ces régions, et leur conversion, surtout dans le cas de Dakhla, en plateforme des échanges économiques entre le Maroc et le reste du monde d’un côté, et l’Afrique de l’autre. L’ouverture de ces représentations diplomatiques constitue, en effet, un levier pour le développement des échanges commerciaux et économiques entre le Maroc et les pays concernés. De ce fait, ces consulats joueront dans l’avenir un rôle important dans le renforcement des relations entre le Royaume et son ancrage africain et ce, via la ville de Dakhla, comme étant un véritable pôle économique dans le sud du Maroc. La ville de Dakhla constitue ainsi un véritable trait d’union entre le Maroc et sa profondeur africaine. Cela dit, bien avant de devenir un pôle diplomatique, la ville de Dakhla était déjà, depuis des années, un haut lieu de la diplomatie parallèle.
Bien avant l’ouverture du premier consulat général, la ville de Dakhla, aujourd’hui destination touristique et culturelle, et aussi pour certains types de sport, incontournable, était déjà une plaque tournante de la diplomatie parallèle. La ville accueille chaque année, depuis 2016, avec une pause forcée en 2020 à cause de la crise sanitaire, le Forum de Crans Montana. Depuis, cet événement s’est imposé comme le rendez-vous de référence des décideurs publics et du monde de la politique et des affaires qui viennent dans la ville débattre des grands enjeux de l’Afrique et de son intégration mondiale.