PJD : Saad Eddine El Othmani reprend la main

Le parti reconnaît avoir fait face à des crises politiques et organisationnelles qui ont secoué son unité et sa cohésion.

Cela lui aura pris presque la moitié de son mandat, certes, mais Saad Eddine El Othmani a fini par imposer sa vision et sa manière de faire au PJD. Il est, pour ainsi dire, désormais seul maître à bord. Trois indices viennent confirmer ce constat. D’abord, le secrétaire général et chef du gouvernement a proposé le patron de la Jeunesse du parti pour diriger le ministère du travail et de l’insertion professionnelle, sans que cette proposition n’ait été initialement approuvée, comme le veut le règlement, par la commission créée pour proposer les profils ministrables. Le nouveau ministre, Mohamed Amekraz, est connu pour ses positions très hostiles à la direction actuelle du parti. Un peu plus d’une semaine après, le secrétariat général entérine la proposition de nomination d’un nouveau chef du groupe parlementaire, en remplacement au président du conseil national, Driss El Azami. Lundi, au terme de la réunion du secrétariat général, trois membres sortants du gouvernement ont été confirmés dans leur poste. Lahcen Daoudi, Najib Boulif et Khalid Samadi, membres notoires du «clan des ministres», devaient, pourtant, quitter en même temps l’organe exécutif du parti dont ils étaient membre ès qualité. Ils continuent donc à y siéger. Tout cela arrive au moment où le parti vient de clore son débat interne, lancé, dans les conditions qu’on sait, depuis l’élection d’ El Othmani à sa tête. Ce processus d’introspection et de réconciliation a conclu que toutes les décisions prises lors du processus de formation de gouvernement, en 2017, l’ont été de manière collective et dans le cadre des institutions du parti. Le PJD reconnaît, d’ailleurs, avoir fait face à des crises politique et de nature organisationnelle qui ont secoué sa cohésion et son unité.