PJD : la révolte des jeunes prend de l’ampleur

Les jeunes du parti islamiste refusent, pour le moment, de parler de courant, mais cela en a tout l’air.

Le débat qui a été lancé à propos d’un vieux sujet, la limitation du mandat des élus, s’est transformé en une gronde contre ce qu’ils considèrent comme des écarts de conduite chez la direction et des responsables élus du parti. Les jeunes du PJD n’apprécient plus que les mêmes visages soient portés aux têtes de listes des candidatures depuis les élections de 2002, voire celles de 1997. Le principe de limitation, à deux, des mandats des responsables a été lancé, au début, au MUR. Il a été dupliqué au sein des instances du PJD avec autant de réussite, sauf pour Benkirane qui voit son deuxième mandat à la tête du parti prorogé d’une année. Mais lorsqu’il a été question de l’appliquer aux parlementaires, ces derniers se sont montrés récalcitrants et la direction leur a donné raison sous différents prétextes.

Pendant ce temps, les responsables de la jeunesse, épaulés par la direction et les élus, mènent un autre combat. Cette fois, ils s’en prennent au ministère de l’intérieur. Et pour cause, ce dernier a décidé de rationaliser l’opération d’enregistrement électronique sur les listes électorales. Désormais, l’enregistrement est individuel avec une adresse mail unique et valide. L’intéressé reçoit, en effet, un message de confirmation avant la validation de son inscription. De même, l’utilisation multiple d’une seule adresse entraîne le rejet des demandes. Ceci est loin de plaire aux islamistes du PJD qui ont affirmé avoir enregistré dans les différents locaux du parti, pas moins de 200 000 nouveaux inscrits, et donc électeurs fidèles, lors de la dernière révision des listes électorales.