Peut-on imposer à un parlementaire de démissionner ?

Après l’élection de trois de ses candidats à la deuxième Chambre, le secrétariat général du PJD s’est fendu d’un communiqué dans lequel il leur intime l’ordre de démissionner.

A défaut, le parti sera dans l’obligation de les radier. Selon leur formation, ils ont eu tort d’avoir été élus grâce à des voix des grands électeurs qui n’appartiennent pas au parti. Pourtant, les trois conseillers parlementaires nouvellement élus savaient depuis le début que, vu le nombre insignifiant de sièges que leur parti a remportés aux élections locales et régionales, ils n’avaient aucune chance d’être élus sans un vaillant coup de main des autres formations.

La direction du PJD était, elle aussi, au fait de cette réalité. Ce qui ne l’a pas empêchée de leur accorder le feu vert nécessaire pour se porter candidats. Maintenant qu’ils détiennent leur mandat, non pas de leur parti, mais de leurs électeurs et qu’ils n’ont pas changé leur appartenance politique, personne ne pourra les obliger à démissionner.

Rappelons-nous, la CDT avait déjà tenté de forcer ses conseillers parlementaires à démissionner en 2008. La décision du retrait de la centrale de la deuxième Chambre a été prise par son conseil national et une démission collective a été déposée en son nom à la présidence de la Chambre. Puis, plus rien. Comme il y a un peu plus d’une décennie, la sortie du PJD est juste un baroud d’honneur politique sans aucun effet.