PDI : du libéralisme à  l’islamisme

Si le Parti de l’Istiqlal est le doyen des partis politiques marocains, le PDI (Parti démocratique de l’indépendance), plus connu sous le nom de Parti de la Choura et de l’Istiqlal, peut être considéré comme le vice-doyen. L’Istiqlal a été créé en 1944 sous la houlette de Allal El Fassi. Le Parti de la Choura l’a été, lui, en 1946, par son compagnon et rival, Mohamed Hassan El Ouazzani. Les deux partis, et les deux hommes, auront toujours été à couteaux tirés, rivalité politique qui conduira, au lendemain de l’Indépendance, jusqu’à la liquidation physique de militants du PDI.
Contrairement à l’Istiqlal, parti de masse, populaire et populiste sur les bords, le PDI était au départ un parti élitiste. Si Allal El Fassi était un «alem» salafiste, Hassan El Ouazzani était un démocrate et exprimait haut et fort son credo libéral. Il comptait dans ses rangs des personnalités comme Ahmed Bensouda ou Abdelhadi Boutaleb. En janvier 1960, le PDI s’est d’ailleurs transformé en Parti pour une Constitution démocratique (PCD).
Après le décès de Mohamed Hassan El Ouazzani, en 1974, le PDI est entré en hibernation pour en ressortir totalement transformé à la fin des années quatre-vingts. Il n’avait plus rien du parti fondé par Hassan El Ouazzani. Son nom est redevenu PDI. Lors de son IIe congrès national, en juillet 1992, Abdelouhahed Maâche a été élu secrétaire général du parti.
Il n’est pas seulement connu comme politicien. Il a passé des années dans l’ombre de Maâti Bouabid, en tant que membre du comité du Raja de Casablanca. M.Bouabid lui passa le relais pour présider, pendant 12 ans, le club. «J’avoue que mes relations avec Maâti Bouabid étaient plus fortes qu’avec Mohamed Hassan El Ouazzani. Ce qui nous a éloignés l’un de l’autre, c’est la politique…», finit par lâcher
M. Mâache.
Aujourd’hui, le PDI achève sa course entamée en 1993. Son projet est de jeter l’héritage du fondateur aux orties et de se transformer en une banale formation islamiste