MTD : Le Mouvement de tous les démocrates, réactivé

Il ne sera plus un réservoir de cadres pour le PAM et comprendra comme à  ses origines des tendances plurielles. Régionalisation, rôle des syndicats… il débattra des questions qui transcendent les appartenances politiques.

Deux membres fondateurs du Mouvement de tous les démocrates (MTD) viennent d’être portés à la tête du PAM : Mustapha Bakkoury, le secrétaire général et Hakim Benchemmass, le président du parlement du parti. Au sein du parti, on estime que le PAM est revenu, à l’occasion de ce congrès extraordinaire, vers ses idéaux fondateurs : les valeurs véhiculées par le MTD. C’est pour dire que le mouvement reste au cœur du débat. Le MTD a été mis en veilleuse, reconnaît son président Ahmed Akhchichine, pour, dit-il, ne pas influencer le cours du parti et interférer dans son action. «Nous avons fait le choix, depuis 2009, de mettre le mouvement en retrait pour éviter tout risque de confusion avec le parti», explique-t-il. «On avait convenu de mettre un moratoire à la réflexion collective au sein du MTD en attendant que nos choix se clarifient». Aujourd’hui que le parti est remis sur une orbite solide, il est, semble-t-il, temps de réactiver le mouvement. «Je crois que maintenant que nos choix politiques ont été bien définis, nous aurons besoin de reprendre les débats au sein du MTD. Il est des débats de sociétés qui transcendent les partis et qui trouveront leur place au sein du mouvement», affirme M. Akhchichine. La question de la région, par exemple, estime-t-il, dépasse le cadre de la réflexion partisane et mérite un débat plus large. Il en est de même pour le rôle des syndicats.
Bref, autant de questions et bien d’autres qui trouveront en des structures comme le MTD un cadre approprié pour le débat. Khadija Rouissi, député PAM et membre fondateur du MTD, estime, pour sa part, qu’il est temps de reprendre la réflexion sur l’avenir du MTD. Elle tient toutefois à ce que le mouvement garde son caractère «pluriel». Selon elle, le mouvement n’est pas et ne sera pas un «think tank» ou un réservoir de cadres pour le PAM. «Le MTD n’est pas seulement formé de militants du PAM, il regorge de militants de tendances et de courants de pensée différents», rappelle-t-elle. «Le mouvement doit rester pluriel, c’est un impératif. Il doit fonctionner comme force de proposition, mais il ne doit en aucun cas être affidé à une structure politique», ajoute-t-elle. C’est au sein de ce mouvement, faut-il le rappeler, que l’idée de créer un parti politique porteur de nouvelles idées et d’une nouvelle manière de faire la politique a germé depuis 2007. Au bout de plusieurs rencontres et tournées à travers le pays, des personnalités du mouvement ont décidé de lancer, en août 2008, un parti politique : le PAM. Depuis, le mouvement, qui regroupe également des militants du RNI et de l’USFP, s’est peu à peu mis en retrait avant de cesser toute activité au lendemain des élections communales de juin 2009.