Mouvement populaire : deux secrétaires généraux en 57 ans…

Au moment de sa création en 1957 (il n’a été reconnu que plusieurs mois plus tard, en 1958), le MP s’est donné pour mission de limiter l’hégémonie de l’Istiqlal.

Bien des années plus tard, les deux formations se sont souvent côtoyées dans plusieurs gouvernements. Mais, contrairement à l’Istiqlal qui est resté presque intact, depuis la première et la seule scission significative de 1959, le MP a été secoué par plusieurs divisions. La première date de 1967, le Maroc était en plein Etat d’exception, lorsque Abdelkrim El Khatib a décidé de claquer la porte pour former le MPDS qui donnera naissance à l’actuel PJD et accessoirement au PRV. C’était la première scission mais celle, de loin la plus importante, remonte à des décennies plus tard, en 1991. Mahjoubi Aherdane, en froid avec le parti depuis 1986, décide de lancer une nouvelle formation, le MNP. Des milliers d’anciens «collègues» l’ont suivi dans cette aventure qui prendra fin quinze ans plus tard lorsque les trois formations les plus importantes de la mouvance populaire ont décidé de fusionner. C’était en 2006. L’UD, né d’une scission du MNP, et le propre MNP ainsi que le MP décident de faire, de nouveau, cause commune. Entre-temps, la mouvance aura subi une série de départs avec comme conséquence la création du MDS par Mahmoud Archane en 1997, du PRE par Chaquir Achahbar en 2002, d’Al Ahd de Najib Ouazzani la même année, et, en 2002 également, de l’Initiative citoyenne pour le développement de Mohamed Benhammou, ancien dirigeant du centre Lahcen Lyoussi, qui a préféré, lui, changer d’horizon et s’en est allé fusionner avec le PAM. Bref, c’est pour dire que malgré ces chamboulements, le MP a réussi à maintenir le cap et revendique aujourd’hui entre 110 000 à 120 000 militants encartés. L’électorat du parti oscille, lui, entre 800 000 à un million de votants.