Mohammed VI au Sénégal : en même temps que le Roi, c’est le descendant du Prophète qui a été accueilli

Chaque année,
des milliers d’adeptes sénégalais de la tarika Tijania se rendent en pèlerinage à Fès pour se recueillir
sur le tombeau
du père fondateur, Sidi Ahmed Tijani.

«Bienvenue au descendant du Prophète». A l’image de ce slogan que scandait à tue-tête une Dakaroise, en larmes, lors de la visite de SM Mohammed VI dans la petite localité de Cambèrène (banlieue de Dakar), le samedi 26 juin, la tournée royale en Afrique revêtait une importante charge symbolique religieuse. La preuve en est qu’à Dakar, par exemple, parmi les moments forts de la visite, on peut compter la série d’entretiens qu’a eus le Souverain avec les grands cheikhs des confréries religieuses comme la Tijania ou la Kadiriya. Mais quel est au juste le secret de cet attachement qui puise ses racines dans le religieux ? Pour le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Tawfik, «les Marocains ont été les premiers à transmettre le message de l’islam aux peuples du sud du Sahara et les prédicateurs d’origine marocaine étaient surtout des commerçants honnêtes et crédibles». Selon les spécialistes de la question, l’attachement religieux des Africains pour le Maroc repose sur trois principes fondamentaux. Le premier concerne le rôle joué par le Maroc dans l’éducation de ces populations à l’éthique religieuse. Le second fondement est l’unité du rite malékite qui est illustrée par ce que les spécialistes appellent la lecture Warch du Coran et qui a été hérité des prédicateurs marocains. Et enfin, le troisième a trait à la forte présence en Afrique, comme au Maroc, de l’éducation soufie, assurée par les différentes tourouk notamment la Tijania et la Kadiriya.
Ce sont ces fondements qui expliquent aujourd’hui l’attachement des populations africaines, particulièrement au Sénégal ou au Niger, au Maroc et plus précisément à la personne du Roi du Maroc. Ce pacte, quoique moral, éthique, est aujourd’hui un atout majeur en faveur du Maroc, mais dont, malheureusement, on n’a pas toujours su tirer profit. Car, pour maintenir cet attachement, il faut bien lui donner corps, le concrétiser par des actions.

Possible ouverture de centres culturels marocains en Afrique
Et c’est, entre autres, un des aspects pour lesquels le ministre marocain des Habous et des Affaires islamiques était du voyage. Ainsi, dans le cas du Sénégal, chaque année, des milliers d’adeptes de la tarika Tijania se rendent en pèlerinage à Fès pour se recueillir sur le tombeau du père fondateur, Sidi Ahmed Tijani. Ainsi, Fès peut pratiquement être considérée comme une deuxième Mecque pour les Tijaniens. Ahmed Tawfik est d’avis, par exemple, que «le Maroc fasse un effort pour faciliter à nos amis sénégalais leur pèlerinage».
D’un autre côté, l’Alliance des ouléma du Maroc et du Sénégal peut être également un excellent véhicule pour cette communion religieuse entre les deux pays. Cette instance constitue un excellent exemple de coopération en matière religieuse et qui devrait être étendue à d’autres pays de la région. Enfin, parmi les projets discutés avec les leaders religieux en Afrique, la possibilité que le Maroc ouvre un peu partout des centres culturels qui viendraient renforcer son image dans ces pays. Ce serait une première !