L’USFP resserre les rangs en vue de la reprise de son congrès

Réunion du Conseil national le 20 septembre pour fixer la date de poursuite du congrès. Les réunions en interne se multiplient pour aplanir les différends. Compromis sur le plan de réforme proposé il y a trois mois.

Depuis la fin en queue de poisson de leur congrès, en juillet dernier, les militants du parti de la rose fondent de grands espoirs sur le prochain conseil national qu’ils qualifient, à l’instar du ministre de l’emploi et de la formation professionnelle, Jamal Rhman, de réunion de «réconciliation». Pendant un temps candidat à la succession de Mohamed Elyazghi au poste de premier secrétaire de l’USFP, il se refuse à parler d’une nouvelle candidature à l’occasion de la poursuite des travaux du congrès de son parti. Il préfère insister sur la nécessité de réussir d’abord l’étape actuelle, tout en se disant optimiste quant à l’avenir de l’USFP.

Le sentiment est perceptible, la pause estivale semble avoir redonné des couleurs à l’USFP, et un semblant de retour à l’unité en son sein. Dans un communiqué daté du 5 septembre dernier, le bureau politique a annoncé l’organisation, le 20 septembre prochain, d’un conseil national. Ce dernier aura pour mission, entre autres, de déterminer la date de reprise des travaux du congrès inachevé du 13 juillet dernier, que le bureau politique souhaite voir fixée, pour la symbolique, «à une date proche de l’anniversaire de la disparition de Mehdi Ben Barka», soit vers la fin octobre. Dans la pratiquqe, toutefois, un risque de report aux dernières semaines de novembre reste présent, essentiellement pour des raisons d’ordre logistique.

Le bureau politique soumettra aux militants une formule de compromis à l’occasion du conseil national
Avant le conseil national, une autre rencontre est prévue mardi 16 septembre, regroupant près de 200 cadres du parti, des membres du bureau politique, des ministres, des parlementaires ou encore les responsables locaux et régionaux du parti, histoire de préparer le terrain.

Visiblement soucieux d’éviter les désaccords, le bureau politique de l’USFP est allé jusqu’à annoncer son intention de soumettre aux militants une formule de compromis, à l’occasion du prochain conseil national. Portant sur les réformes à apporter au fonctionnement du parti, celle-ci devrait confirmer la désignation du premier secrétaire du parti directement par le congrès et non plus par le bureau politique comme cela avait été le cas jusqu’à aujourd’hui. En revanche, l’option du scrutin de liste, définie comme une porte ouverte à l’entrée des courants politiques dans le parti, et qui avait encore de nombreux partisans jusqu’en juin dernier, devrait, toujours selon le document, être mise entre parenthèses au profit d’un système intermédiaire.

Vivant un malaise croissant depuis la démission forcée de son premier secrétaire Mohamed Elyazghi, au lendemain de l’entrée du parti au gouvernement El Fassi, l’USFP s’est retrouvée plus que jamais confrontée à la nécessité de réformer sa structure interne. Aujourd’hui, dix mois après avoir perdu son premier dirigeant, trois mois après l’échec de son congrès national, organisé du 13 au 18 juillet dernier à Bouznika, et à moins d’un an des élections communales de 2009, le parti est confronté à un choix difficile entre des réformes de fond, revendiquées par la base, et la nécessité de ne pas trop bousculer les structures afin de préserver sa cohésion interne.