L’Intérieur reprend en main le dialogue social

Il intervient à chaque fois que le gouvernement est dans l’impasse.

Il y a quelques jours, le ministre de l’intérieur, Mohamed Hassad et le ministre délégué Charki Draiss, ont reçu, de manière individuelle, les centrales syndicales les plus représentatives. Au menu de ces réunions, deux points essentiels: la reprise du dialogue social et la question des stagiaires des centres de formation aux métiers de l’enseignement. Ce n’est pas la première fois que le ministère de l’intérieur a été appelé à la rescousse après que le chef du gouvernement se soit retrouvé dans une impasse. Il y a quelques mois, c’était aussi le ministère de l’intérieur qui était intervenu pour calmer la colère des boulangers qui menaçaient de mener une grève. De même que c’est ce département qui est intervenu pour tranquilliser les distributeurs du gaz butane. C’est donc, estiment certains observateurs, une tendance générale, à chaque fois que le chef du gouvernement échoue dans un dossier à caractère social, il le délègue au ministère de l’intérieur. Mais cette fois, avec cette reprise en main du dialogue social, c’est l’époque de Driss Basri (où le ministère s’occupait de manière exclusive de ce dossier avant qu’il ne soit récupéré par la Primature et institutionnalisé sous Driss Jettou et Abbas El Fassi) qui ressurgit à la surface. Les mêmes observateurs estiment, cependant, que la reprise du dialogue social, en ce moment où les syndicats ont opté pour l’escalade, nécessite des négociateurs habiles. La situation est critique, le gouvernement vient d’adopter une série de textes de lois portant réforme du régime de retraite, qui n’ont toujours pas été transmis au Parlement. Il s’apprête à mettre la touche finale à un autre texte non moins polémique : le projet de loi organique relatif à l’exercice du droit de grève. Cela dans l’attente d’un autre texte non moins important, celui portant loi organique relative aux syndicats.