L’Exécutif poursuit sa voie tout en maintenant le cap sur les priorités

Dans une conjoncture compliquée, le gouvernement tient promesse. Il vient de lancer coup sur coup trois chantiers d’envergure. L’école, la santé et l’emploi sont les priorités auxquelles il avait promis de s’attaquer en premier, c’est fait.

Doucement, mais sûrement, le gouvernement met en place son programme. Sans perdre le cap, ni céder aux perturbations engendrées par la conjoncture, l’Exécutif garde l’œil sur ses priorités. Et ses priorités, ce sont avant tout l’école, la santé et l’emploi. Le reste, quand il n’est pas lié à ces trois chantiers, relève du déploiement d’une stratégie royale à plus long terme ou encore de la gestion courante des affaires publiques et surtout le rattrapage des erreurs de gestion des deux dernières décennies. L’une des trois principales priorités de la nouvelle équipe est l’emploi. En la matière, et alors que nous sommes à peine au milieu de l’année, les objectifs de 2022 sont déjà sécurisés quand ils ne sont pas atteints. Ainsi, dans le cadre du programme de relance industrielle, (le Made in Morocco), un millier de projets ont été validés pour un total d’un peu plus de 40 milliards de DH d’investissement avec, à la clé, près de 200 000 emplois. Et ces projets ont réellement commencé à voir le jour. Il ne se passe pas une semaine sans que le ministère du commerce et de l’industrie n’annonce l’ouverture d’une nouvelle usine ou l’extension d’une unité de production déjà existante.

Le programme Awrach lancé, au début de l’année, table sur près de 30000 emplois d’ici fin 2022. Ce sont certes des contrats à durée déterminée, mais il n’en reste pas moins qu’ils permettent aux bénéficiaires d’acquérir de l’expérience et donc de s’intégrer facilement dans le marché du travail. Quant à l’initiative «Forsa», elle garantit non seulement la création de 10 000 emplois pour les initiateurs de projet, mais présente un potentiel au moins trois fois plus important. Le deuxième chantier sur lequel le gouvernement a promis un changement radical, c’est l’école. Il a assuré de mettre l’enseignant au cœur de sa nouvelle politique. Promesse tenue. Lundi dernier, une convention-cadre a été signée, sous la présidence du Chef du gouvernement, entre les ministères de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur et le ministère délégué au Budget. Elle donne le coup d’envoi d’un programme à la fois ambitieux et inédit de formation des enseignants. Étalé sur cinq ans, le programme auquel le gouvernement a alloué plus de 4 milliards DH, vise à répondre aux besoins actuels et futurs en professeurs de différentes spécialités dans les cycles de l’enseignement primaire et secondaire et à faire des cursus de la licence en éducation une voie principale d’accès aux métiers de l’enseignement, à travers l’augmentation de leur capacité d’accueil et l’amélioration de leur attractivité et de leur qualité de formation. Le nouveau programme ambitionne, à l’horizon 2026, d’atteindre 80% d’enseignants lauréats de ce système dans les classes. Ce qui implique le passage de près de 9 000 étudiants actuellement à quelque 50 000 au cours des cinq prochaines années. En parallèle, un statut de base unifié pour le corps enseignant est en cours d’élaboration. Le gouvernement s’engage à peaufiner les grandes lignes de ce statut avec les centrales syndicales les plus représentatives dans le cadre du dialogue social. Ce qui va régler définitivement le dossier des enseignants-cadres des AREF, une problématique héritée du gouvernement du PJD dont l’école ne cesse de payer des frais à coups de grèves répétitives. Juste après son investiture, le gouvernement a engagé un dialogue sectoriel, dirigé par le ministre Chakib Benmoussa, avec les syndicats les plus représentatifs. Le résultat est probant. Un pacte social a été signé il y a plusieurs mois, rétablissant plusieurs catégories du personnel de ce ministère dans leurs droits. Cela bien avant la signature par le gouvernement, le 30 avril, d’un contrat social global avec ses partenaires sociaux. La troisième priorité du gouvernement, dans le cadre de l’Etat social, est la santé. Nous l’avons vu, le Chef de l’Exécutif vient d’annoncer une réforme profonde et globale. Une révolution, pour ainsi dire, dans le secteur. Accélération de la formation des ressources humaines, renforcement et modernisation des infrastructures, digitalisation, refonte du cadre juridique et accessoirement du cadre et des conditions de travail et la création d’une nouvelle institution de régulation, de suivi et d’accompagnement. Ce sont trois chantiers d’envergure qui sont lancés alors que, et cela il ne faut surtout pas l’oublier, le gouvernement n’a pas encore bouclé sa première année.

D’autant plus, tout le monde en convient sans doute, ce n’est pas chose facile de mener une réforme profonde sur trois grands secteurs sociaux à la fois. Ce qui est encore plus vrai quand ces réformes sont lancées dans le contexte qui est le nôtre aujourd’hui. Un contexte dans lequel il faut faire face à des aléas de natures différentes. Une année de sécheresse, doublée d’une difficile conjoncture de sortie de crise sanitaire et de tension au niveau international. Le budget, déjà conséquent, alloué à la Caisse de compensation pour soutenir les produits de base, s’est effondré en quelques mois, mettant le gouvernement dans l’obligation d’ouvrir de nouveaux crédits pour faire face à cette situation. Ce qui appelle sans doute à l’accélération d’un chantier tout aussi important, la réforme du système des aides sociales et donc de l’accélération du déploiement du registre social unifié, tout en gérant, en même temps, l’impact du renchérissement du coût de l’énergie, des intrants et des matières premières pour différents secteurs économiques.