Les partis politiques unanimes pour une économie inclusive

Édifier une économie inclusive, gage d’une équité sociale et territoriale, est le défi de taille que veut relever la majorité des partis politiques dans l’espoir de répondre aux aspirations des Marocains, et ce en perspective du prochain scrutin du 8 septembre.

Avec des programmes électoraux bien étoffés, qui font la part belle aux enjeux à caractère économique, les différentes formations politiques, toutes idéologies confondues, ont de quoi convaincre leurs électeurs en quête d’un renouveau économique au lendemain d’une double crise pandémique et économique. Stimuler l’emploi particulièrement chez les jeunes, améliorer le pouvoir d’achat des citoyens et préserver la dignité des personnes âgées et démunies, outre le renforcement de l’industrie nationale et de l’attractivité du Royaume, sont parmi les actions phares annoncées par les partis politiques pour le prochain rendez-vous électoral, dans l’optique d’asseoir les jalons d’une économie plus solidaire et plus forte.

Ainsi, le Rassemblement national des indépendants veut de redynamiser l’emploi. A cet effet, le parti de la Colombe parie sur une «relance immédiate» de la machine de l’emploi pour faire face à l’impact de la crise. Les Indépendants misent, en effet, sur l’amorçage d’une relance économique post-Covid à travers la création d’un million d’emplois directs.

Après dix ans aux commandes, le PJD se présente aux élections législatives de 2021 avec un programme dans lequel il mise sur l’exploitation de ce qu’il considère comme les nouvelles sources de croissance pour renforcer la compétitivité de l’économie nationale. Pour l’emploi, le parti de la lampe se fixe un objectif de créer 160 000 postes d’emploi par an et un taux de chômage de moins de 9%. Des prouesses de l’ordre de celles qu’il a déjà promises en 2011 et puis en 2016, mais qu’il n’a jamais été capable d’approcher.

Le développement d’une politique active de l’emploi qui prend en compte la transformation profonde et rapide des métiers et des compétences préoccupe également le parti de l’Union Constitutionnelle, qui préconise une politique industrielle fondée sur la recherche scientifique et prône une complémentarité entre l’université et l’entreprise et l’encouragement de l’innovation.

Dans sa bataille contre le chômage, le Mouvement Populaire suggère de créer des programmes d’auto-emploi pour les jeunes, notamment ceux du monde rural, de renforcer l’employabilité en soutenant et en accompagnant les initiatives des jeunes, ainsi que de créer des espaces numériques pour les inciter à développer des activités en télétravail.

L’offre partisane pour les prochaines échéances inclut des propositions en faveur de la préservation de la dignité des citoyens et de l’amélioration du pouvoir d’achat. Ainsi, le PAM s’engage, dans son programme électoral, pour un accès, pour tous, à un logement décent garantissant l’inclusion et la dignité des citoyens. A cet effet, le parti propose notamment l’octroi de nouvelles aides aux familles vivant dans des logements menaçant ruine.

En guise d’amélioration du pouvoir d’achat, le parti préconise, entre autres, de relever le seuil des revenus exonérés de contribution de solidarité de 30 000 DH (actuellement) à 36 000 DH.

De même, le PAM ambitionne de préserver la dignité des personnes âgées sans revenus, en proposant à cet effet un «revenu minimum de dignité» (50% du SMIG) pour les personnes en âge de retraite avec une garantie AMO.

Quant à l’USFP, il a mis l’accent, dans son programme, sur le renforcement de la classe moyenne et la lutte contre la précarité afin de soutenir le développement économique et promouvoir la paix sociale.

Aussi, la recette du parti de la rose prévoit de revoir la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) afin d’augmenter le pouvoir d’achat, de créer une classe moyenne dans le monde rural, de proposer une offre de logement adaptée aux personnes à revenu moyen, ainsi que d’améliorer les services publics tels que l’éducation, la culture et le divertissement, outre l’accès aux services de santé. Cela au moment où les Indépendants (RNI) entendent soutenir le monde rural et faire accéder 400 000 ménages ruraux à la classe moyenne, outre la garantie de l’accès à la protection sociale et à l’assurance agricole.

En prélude aux élections du 8 septembre, chaque formation politique a livré sa vision pour le Maroc de demain en proposant des transformations profondes pour esquisser un renouveau économique tel que souhaité par les Marocains.

Les suggestions en matière de fiscalité sont ainsi énoncées par la quasi-majorité des partis, à l’instar de l’adoption d’un système fiscal équitable favorable au développement économique, l’introduction de nouvelles tranches d’imposition pour les revenus les plus élevés, l’élargissement de l’assiette fiscale pour réduire la pression fiscale, ainsi que la lutte contre l’évasion et la fraude fiscales. Il s’agit également de réviser le système des exonérations fiscales, d’instaurer un impôt sur la fortune, de fiscaliser les grandes propriétés agricoles, ou encore de revoir le barème de l’impôt sur le revenu.

De surcroît, la promotion de la production nationale se trouve au cœur de l’offre proposée par les partis, au même titre que l’incitation à l’investissement, l’amélioration du climat des affaires et l’accompagnement de la transition vers une industrie décarbonée et fondée sur la recherche et l’innovation.