Les partis et l’argent des élections…

Le PAM a dépensé 72 millions de DH en frais de campagne électorale.

Après les élections, c’est l’heure de rendre des comptes, au sens propre du terme. Les partis sont tenus de justifier leurs dépenses de campagne, le ministère de l’intérieur les en a déjà informés, mais certains rechignent encore à le faire. Nombreux partis, les petits notamment, n’ont toujours pas régularisé leur situation comptable vis-à-vis de l’Etat pour ce qui est des élections de septembre 2015. En conséquence, le ministère de l’intérieur a cessé de leur verser les subventions annuelles relatives à la gestion de leur activité. C’est ainsi, affirment certaines sources partisanes, que plusieurs partis se retrouvent au bord de la faillite, car ne trouvant plus de quoi payer les frais de gestion de leurs locaux, fonctionnaires… Ce qui, expliquent-ils, correspond à une mise à l’arrêt de leur activité. Si activité il y a, bien sûr. Quant aux grands partis, la question ne semble même pas se poser. Ainsi, les dernières élections législatives ont coûté, par exemple, au PAM, quelque 72 millions de DH. L’Etat lui a accordé une subvention de 56 millions de DH et il a été obligé de contracter un emprunt auprès des banques d’une valeur de 30 millions de DH pour financer les frais de sa campagne, notamment l’impression des tracts. Les finances du parti accusent aujourd’hui un déficit d’un peu moins de 20 millions de DH qu’il compte financer avec les cotisations de ses 112 000 encartés. Pour sa part, le PJD vient de recevoir un chèque de 69 millions de DH du ministère de l’intérieur pour couvrir les dépenses de sa campagne électorale. Avec les ponctions sur les indemnités de ses parlementaires, il compte engranger cette année quelque 12,75 millions de DH par an en plus des cotisations forcées de ses futurs ministres, à raison de 11 000 DH par ministre. Ses 107 élus, 11 ministres et 15 conseillers parlementaires lui ont rapporté 13,9 millions de DH par an au cours du dernier mandat.