Législatives 2016 – PJD : Capitaliser sur l’action des alliés et s’inscrire dans la continuité

Le PJD, dans sa course à la primature, compte capitaliser sur ses acquis au gouvernement pour la promotion d’un modèle marocain de développement.

Le parti islamiste capitalise ainsi sur l’effort, l’apport et la contribution de ses alliés pour confectionner un programme à sa mesure. Pour le PJD, ce programme revêt une importance particulière et ce, pour deux considérations. D’abord, il s’agit du premier programme électoral élaboré par cette formation en partant de son expérience gouvernementale. Ensuite, le contexte de l’élaboration dudit programme répond au défi de la consécration de cette expérience et la poursuite des réformes.

Cela étant, le parti a fait un bilan de l’action du gouvernement dont il s’est approprié les mesures phares. Ainsi, il présente seul le bilan du gouvernement et naturellement il ne s’agit que des actions positives qu’il assume entièrement, sans référence aucune à ses partenaires qui ont, pourtant, dans plusieurs cas la paternité des actions les plus importantes (la nouvelle charte d’investissement, la relance de l’industrialisation, la politique de santé, l’habitat et l’aménagement du territoire). Certaines sont même le fruit des gouvernements précédents, le RAMED, les grands chantiers des infrastructures (routes, autoroutes, ports..). La zakat et l’activation du Fonds de la zakat disparaissent subitement du programme. Dans le « draft » fuité dans la presse, il était question d’instauration de l’impôt religieux pour les classes qu’il considère comme «aisées». Le parti insiste sur la séparation du religieux et du politique, il se présente comme un parti de référentiel islamiste, mais pas comme un parti islamiste, dont la mission est de répondre aux attentes concrètes des citoyens et la gestion de leurs affaires. Or, entre les lignes, cette velléité d’islamisation de l’Etat et de la société transparait plus souvent. Surtout lorsqu’il a été le cas de traiter les volets culturels et de l’enseignement. Alors que la logique de la réforme de l’enseignement table sur un enseignement moderne, ouvert et adapté à son environnement, avec une attention particulière au préscolaire, le PJD tente, justement, de renforcer le rôle des écoles coraniques, les fameux « kouttabs ». Le risque réside en le fait que seule une infime partie de ces «écoles» est contrôlée, la tutelle est partagée entre le ministère de l’éducation nationale et celui des Habous. Bien plus, le PJD se propose, dans son offre culturelle, de lier la culture aux « valeurs religieuses et nationales » du pays. Ce ne sont que quelques exemples de cet emboîtement entre le religieux et le politique chez les islamistes du PJD. Ceci dit, le PJD propose une batterie de mesures visant, essentiellement, à soutenir le changement structurel du tissu économique  national. Pour le reste, le parti s’engage à poursuivre sa réforme de la caisse de compensation. En parallèle, le PJD entend ralentir la progression de la masse salariale dans la fonction publique. Pour ce qui est des prévisions, le parti veut éviter de tomber dans l’erreur de 2011, il propose ainsi trois scénarios. Un scénario optimiste, avec une bonne année agricole, soit 90 millions de quintaux, et un pétrole à 40 dollars, un scénario moyen avec un prix de pétrole stagnant à 50 dollars et une production agricole de l’ordre de 70 millions de quintaux, soit la moyenne des cinq dernières récoltes, et un scénario pessimiste où le pétrole atteint 60 dollars et la production agricole n’excède guère les 50 millions de quintaux. En conséquence, le parti table néanmoins sur le scénario moyen. Dans ce cas, il s’engage à réaliser un taux de croissance moyen situé entre 4 et 5%.