Législatives 2016 – Istiqlal : Un contrat pour la dignité

En vieux routier de la politique marocaine, l’Istiqlal a mobilisé des dizaines de ses cadres qui ont travaillé des centaines d’heures pendant des mois pour livrer à temps son programme électoral.

 Certes, le parti n’en est pas à son premier exercice du genre et les années passées au gouvernement, qu’il a dirigé entre 2002 et 2007, lui ont permis de présenter une proposition électorale à la hauteur de ce parti vieux de plus de 80 ans. Soit un programme qui compte 556 mesures devant aboutir à 90 objectifs et 64 engagements. En somme, un «contrat pour la dignité» qui est le fruit des cadres du parti «tout en étant ouvert à d’autres cadres sympathisants du parti».

L’Istiqlal se dit, de prime abord, déterminé à «revoir» les réformes du gouvernement actuel du régime de retraite et de la Caisse de compensation. Selon ce programme, l’Istiqlal compte mener des réformes structurelles à dimension horizontale pour établir un véritable développement dans les domaines de l’éducation, de la recherche scientifique, de la gouvernance, de l’environnement, de l’administration, de la justice, de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire national. Dans le cadre de ces réformes, le parti s’engage à améliorer le classement du Maroc dans l’indice de perception de la corruption pour occuper une position inférieure à la 50e en 2021 contre la 88e en 2015. Les réformes proposées visent également à améliorer le classement du Maroc selon l’indice des Nations Unies sur l’administration en ligne (e-government), celui de la suprématie de la loi à moins de 50% en 2021 contre 95% actuellement, tout en élargissant la base d’adoption et de contractualité autour des concepts d’aménagement régional pour atteindre plus de 65% contre un taux nul en 2015.

Sur le plan économique, le parti a mis en avant un nouveau modèle de croissance économique portant sur le passage d’une économie reposant essentiellement sur l’appui à la consommation vers une économie basée sur l’appui à la production et à l’export.

Pour atteindre cet objectif, le parti s’engage, entre autres, à améliorer la performance des exportations, augmenter le taux d’investissement national par rapport au produit intérieur brut (36% à l’horizon 2021 contre 31% actuellement). Par ailleurs, le parti ambitionne de réduire la dette du Trésor, relever la part de croissance économique des secteurs non agricoles, renforcer la création d’emplois, augmenter le revenu per capita outre le classement du Maroc dans l’indice de développement humain et ce dans le but d’accéder au cercle des pays émergents. L’Istiqlal promet en outre de faire baisser la dette publique de 82% du PIB à 70% à l’horizon 2021, le déficit à 3% contre 4,3%, l’inflation à 1% contre 1,6% actuellement et l’adoption d’un IS progressif. Le parti s’engage également à baisser l’IS de 31% à 25%, grâce à un élargissement de l’assiette fiscale. De même qu’il compte contenir le chômage des diplômés: 7% en 2021 contre 17% en 2015. Pour les 15-24 ans, ce taux devra atteindre 20%, contre 39% actuellement. Autres mesures pour le moins inédites, le parti d’Allal El Fassi promet d’éditer 5 000 livres contre 2 500 en 2015 et organiser 12 salons du livre et intégrer les cimetières dans les plans de l’urbanisme. Naturellement, le parti qui se veut de référentiel « salafiste nationaliste » s’engage à réformer l’enseignement de l’éducation islamique, ouvrir régulièrement de nouvelles mosquées, augmenter le nombre des imams et mourchidates formés annuellement, relever le budget des Conseils des oulémas, entre autres mesures du genre. Tout cela dans l’objectif de promouvoir l’Islam marocain tolérant, modéré et de juste milieu. De quoi donner du fil à retordre au PJD et autres promoteurs de l’Islam politique et de l’Islam rigoriste et radical.