Le Roi trace la feuille de route pour les cinq ans à  venir

Dans un discours qui fera date, il interpelle aussi bien les acteurs politiques qu’économiques et sociaux

Sept chantiers sont jugés prioritaires pour le pays.

C’est assurément un discours d’orientation d’une grande précision, mettant l’accent, de manière exhaustive, sur les grands projets des cinq années à venir, et interpellant tous les acteurs (gouvernement, partis politiques, syndicats, médias et société civile) que le Souverain a adressé à la nation à l’occasion de la Fête du Trône, vendredi 30 juillet. Objectifs, actions et délais, le Roi a été on ne peut plus clair.
La réalisation de ces chantiers aussi bien politiques qu’économiques et sociaux, et qui transcendent les échéances électorales est seule de nature à hisser le Maroc au rang de pays au développement harmonieux, bien ancré dans son environnement régional, et en phase avec ses options irréversibles d’ouverture sur le monde.
Et ce n’est donc pas un hasard si le premier de ces chantiers réside dans la résolution définitive du conflit du Sahara. Sur cette question, le Souverain est resté ferme sur la souveraineté du Maroc tout en tendant une main conciliante aux parties concernées.

Les partis interpellés
Car il est temps de se rendre à l’évidence que c’est toute l’intégration de la région qui butte sur ce conflit, et «les larges prérogatives» que le Maroc entend donner aux provinces sahariennes participent de la démocratisation de la gestion des affaires dans tout le pays.
Sauf qu’il n’y a pas de démocratisation dans une société sans des partis politiques, des syndicats et des représentants de la société civile assurant entièrement leur mission d’encadrement des citoyens, tout en étant un relais entre ces derniers et les institutions du pays dont la réforme est bien engagée. D’où l’invitation pressante du Roi à l’élaboration d’une loi sur les partis politiques pour leur permettre d’assurer pleinement leur mission. Ou alors, devait s’interroger le chef de l’Etat, «allons-nous devoir attendre la veille de l’échéance électorale de 2007 pour rechercher un consensus superficiel et improvisé qui ne fera qu’accentuer la balkanisation de la carte politique du pays ?». Aux partis politiques d’assumer donc leurs responsabilités, ainsi du reste que les syndicats, car comme devait le rappeler le Roi, «la spirale des grèves sauvages» engendre une grève beaucoup plus grave, celle de l’investissement. Or, c’est par l’investissement que passe le rattrapage des déficits économiques et sociaux de même que la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, notamment dans le monde rural où les populations souffrent plus qu’ailleurs des retards.
Mais tous ces efforts seront vains s’ils ne sont pas adossés à un système d’éducation et de formation efficace, capable d’engendrer des citoyens responsables de leurs actes et de leurs convictions. Dans cette optique, le Souverain a invité les responsables de la COSEF (Commission spéciale éducation formation) à donner une nouvelle dynamique à cette réforme de l’éducation.
Abordant la réforme du champ religieux, le Souverain a affirmé avec netteté que cette réforme ne doit pas être un complément au système d’éducation, et rappelé son rejet de «l’instrumentalisation de la religion à des fins politiques» car, a-t-il dit, à ce sujet, «une nette séparation doit être faite entre le religieux et le politique»