Le PSD succombe aux sirènes de l’USFP

Il lâche le PPS pour se fondre dans les rangs du parti d’El yazghi

Le PPS, avec lequel il avait un projet d’alliance, accuse le coup.

La décision du comité central du PSD (Parti socialiste démocrate) d’intégrer l’USFP, prise à deux semaines de la tenue du VIIe congrès de cette dernière, a pris au dépourvu nombre d’acteurs politiques. Si l’USFP se frotte les mains, le PPS, comme il fallait s’y attendre, a accusé le coup. Un malaise compréhensible, puisque son allié traditionnel au sein de l’Alliance socialiste (AS), avec lequel le chantier de réunification a été enclenché il y a plus d’une année, lui fait désormais défaut. Certes, le PSD attend son congrès (prévu en automne prochain) pour entériner la décision d’intégration à l’USFP, mais côté PPS, c’est déjà la consternation. Le 31 mai, le bureau politique du parti d’Ismaïl Alaoui, amer, fustigeait cette décision. Dans un communiqué, il exprimait «son profond regret quant à la nouvelle orientation du PSD, qui sape les efforts entrepris pour unir progressivement les organisations composant l’alliance».
Pourquoi le PSD opère-t-il ce revirement alors qu’il s’est déjà engagé avec l’AS ? Tout est question de rythme, selon Aïssa Ouardighi, secrétaire général du PSD. «La direction du PSD prônait une fusion rapide entre les trois composantes de l’Alliance socialiste (PPS, PSD et Parti Al Ahd), dans la perspective d’un rassemblement plus large, notamment avec l’USFP. Or, le PPS ne voulait pas de ce rythme», ajoute-t-il. M. Ouardighi avance une autre raison : les conditions d’intégration n’ont jamais été aussi mûres au sein de l’USFP. L’ambiance dans ce parti «s’est remarquablement apaisée depuis le dernier congrès de l’USFP, tenu en 2001», allusion faite aux deux scissions qui ont secoué le parti : celle de Noubir Amaoui, parti créer le Congrès ittihadi, et celle de Mohamed Sassi et de ses amis, qui vont créer Fidélité à la démocratie. Effectivement, répond Ismaïl Alaoui, secrétaire général du PPS, «nous voulions une union par étapes, et qui se fait démocratiquement, afin d’éviter une fusion du plus faible dans le plus fort. Nous avons peut-être péché par trop de moralité politique, voire d’idéalisme, mais nous estimons que la politique doit se fonder sur une morale».
M. Ouardighi justifie sa décision par deux raisons supplémentaires : l’appréciation de la transition démocratique et les menaces obscurantistes de l’intégrisme religieux. «Ces deux raisons, en sus des liens historiques et des affinités politiques et culturelles que nous avons avec ce parti, nous poussent, plus que jamais, à hâter l’unification des forces démocratiques et de progrès. Tout le monde parle d’unité, mais personne ne fait rien pour la réaliser ». Une fois dissous dans les rangs de l’USFP, le PSD s’érigera-t-il en courant pour défendre ses points de vue ? Peu probable. L’USFP, contrairement à la Gauche socialiste unifiée, qui a institué la pratique des courants comme mode de gouvernance au sein du parti, reste allergique au principe même des courants. «Nous allons nous adapter à la règle organisationnelle qui prévaut au sein de l’USFP, qui écarte l’idée de courant et qui n’admet que les sensibilités », commente avec résignation M. Ouardighi