Le PJD veut sa Koutla historique

Le PPS approuve, l’Istiqlal n’est pas contre et l’USFP n’a toujours pas réagi.

Une danse collective sur la scène du théâtre MohammedV à Rabat, une alliance historique sur la scène politique, si affinité. Ce sont les conclusions tirées de ces retrouvailles, le temps d’une danse folklorique, des dirigeants de trois partis anciens membres de la défunte Koutla démocratique avec le chef du gouvernement. Et cette politique de la «main tendue» du PJD risque de porter ses fruits. L’Istiqlal, qui vient de réussir la conciliation de ses deux clans adverses sous l’œil bienveillant de son comité des sages, ne cache plus sa volonté de rapprochement avec le PJD. Ce dernier ne jure plus, lui, que par la Koutla historique, un cadre qui regrouperait en plus du PJD les trois anciens membres de la Koutla, l’Istiqlal, l’USFP et le PPS. Seul l’USFP ne s’est pas encore exprimé sur ce projet. Bien sûr, le PPS, riche d’une expérience de quatre années d’alliance avec les islamistes, est le premier à applaudir cette initiative. Son bureau politique, réuni lundi 11 janvier, «approuve toutes les initiatives qui visent à ouvrir de nouveaux horizons à même de permettre le renforcement du camp nationaliste et démocratique et l’instauration de pratiques démocratiques saines». En d’autres termes, le PJD est en train de lâcher ses alliés du jour qui ont, soit dit en passant, permis à son gouvernement de résister jusqu’à la fin de son mandat, pour une éventuelle coalition avec l’Istiqlal et l’USFP à la veille des prochaines élections législatives. Cette nouvelle tendance des islamistes s’est dépeinte sur les rapports entre les membres de la coalition gouvernementale dont la dernière réunion s’est déroulée dans la platitude. Les quatre formations se sont néanmoins accordé à faire passer ce qui reste du mandat du gouvernement sans heurt. Cela au moment où, au sein même du PJD, l’on accuse déjà ouvertement le RNI et le MP de jouer le jeu du PAM.