Le PJD ouvre la voie à un troisième mandat pour Benkirane

Il a désormais le droit d’imposer des candidats de son choix comme têtes de listes.

Abdelilah Benkirane a eu son prolongement de mandat. Et ce, avec la bénédiction de quelque 3 000 congressistes, convoqués, sans élection préalable pour l’occasion, le 28 mai à Rabat pour donner une légitimité à ce léger écart démocratique. Le prochain congrès du parti aura donc lieu avant fin 2017. D’ici-là, le PJD devrait renoncer au financement public des partis politiques comme le stipule la loi. «Il dispose déjà d’un matelas financier confortable qui lui permet de couvrir ses dépenses en attendant ce congrès», estime cet analyste politique.

La grand-messe des islamistes a été l’occasion pour envoyer des messages à gauche et à droite et rassurer les adeptes sur leur «inéluctable» future victoire électorale.

Un congrès surmédiatisé qui plus est. Ce qui fait dire à cet analyste que par cette surmédiatisation, le PJD veut faire savoir que Benkirane est son chef et que ce dernier ira aux élections en tant que chef. Bien plus, et au détour d’une phrase, le secrétaire général adjoint, Slimane El Omrani, a fait allusion à un éventuel 3e mandat pour Benkirane à la tête du parti.

Ce qui passerait obligatoirement par un changement des statuts. En résumé, tout ce tapage médiatique autour de la personne de Benkirane laisse entendre que les dirigeants du PJD ne sont finalement pas tellement convaincus de leur victoire électorale si l’actuel SG quittait son poste.

Le PJD, faisant d’une pierre deux coups, a profité de l’occasion pour réunir son conseil national.

Lequel conseil a entériné une nouvelle procédure de choix des candidats aux élections qui en dit long sur sa démocratie interne à l’heure actuelle. Le parti avait mis en place l’une des procédures les plus démocratiques pour le choix de ses candidats. Ce sont les bases du parti, les structures régionales, qui désignaient, en trois étapes et par un mélange de cooptation et de vote, les listes des candidats.

Le secrétariat général n’avait le droit d’intervenir qu’à hauteur de 10% de ces listes, le plus souvent pour imposer l’un des ténors du parti dans les circonscriptions «faciles». Aujourd’hui, le secrétaire général a les coudées franches pour intervenir au niveau de toutes les listes. Il peut imposer n’importe quel candidat qu’il souhaite à la tête de la liste dans la circonscription de son choix, faisant fi du choix des bases.

Ce faisant, le PJD laisse entendre qu’il souhaite enrichir les candidatures du parti par de nouveaux profils, des cadres qui ne sont pas forcément militants du parti.