Le Maroc et l’Allemagne mettent le turbo

La ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock lors de sa récente visite au Royaume aux côtés de son homologue marocain, Nasser Bourita.

L’axe Rabat-Berlin ouvre un nouveau chapitre sur fond de la récente visite de travail de la ministre allemande des Affaires étrangères au Maroc. Une feuille de route a été établie et ça promet. Explications.

La brouille diplomatique étant derrière, Rabat et Berlin sont décidés à aller de l’avant en donnant un nouvel élan à leur partenariat. Et à tous les étages. Notamment au niveau des échanges économiques. La récente visite dans le Royaume de la ministre allemande des affaires étrangères, Annalena Baerbock, le 25 août, en a donné le ton, tout autant que les entretiens avec le ministre marocain des affaires étrangères, Nasser Bourita, ont esquissé la feuille de route.

Perspectives prometteuses
La Déclaration conjointe, ayant sanctionné la rencontre, en dit long sur l’ambition que les deux pays nourrissent en vue de mettre un tigre dans le moteur des liens bilatéraux. Les deux parties, lit-on dans ladite Déclaration, ont souligné l’intérêt considérable pour «des relations étroites et amicales entre le Maroc et l’Allemagne», tout en se félicitant de «la reprise de la coopération entre les deux pays dans tous les domaines…».
La volonté partagée étant d’«approfondir davantage les relations bilatérales qui existent entre les deux pays depuis de nombreuses années en vue d’établir un partenariat renforcé tourné vers l’avenir». Un souhait mutuel, ajoute la Déclaration, fondé sur leur volonté de renforcer le dialogue, les relations politiques, économiques, culturelles et interpersonnelles, de promotion de la démocratie, l’Etat de droit et la bonne gouvernance, de développer le commerce et les investissements et de coopérer en matière de politique climatique, politique de biodiversité, ainsi que des politiques vertes».

Au-delà du bilatéral
Plus loin, le texte de la Déclaration met en exergue le fait que «l’Allemagne réaffirme la place du Maroc comme un partenaire essentiel de l’Union Européenne et de l’Allemagne en Afrique du Nord et en Afrique en général, et comme un lien entre le Nord et le Sud». Dans la foulée, Berlin dit soutenir «le renforcement du partenariat privilégié de longue date avec l’UE et considère l’Allemagne comme un partenaire européen».
La coopération sécuritaire n’a pas été en reste. Mais, pas que ! Un thème non moins important pour le partenariat maroco-allemand, particulièrement cher à la coalition menée par le Chancelier fédéral Olaf Scholz, figure également dans le ranking des priorités. À savoir la coopération dans le domaine climatique. Sur ce plan, les deux parties s’engagent à «intensifier et à poursuivre» la coopération dans les différents domaines y afférents. Pas uniquement dans une approche bilatérale, mais concerne aussi le continent africain. Sur ce plan, on connaît les ambitions africaines de Berlin, dont certains fonds investissent dans les énergies renouvelables dans certains pays du continent, et qui voient d’un très bon œil d’aller en tandem avec le Royaume du Maroc qui croit et acte sa vision du développement Sud-Sud avec plusieurs partenaires dans sa profondeur stratégique africaine.
Or, c’est connu, les deux pays avaient convenu, dès 2020, de lancer des projets pilotes relatifs à l’hydrogène vert. Un sujet qui tient à cœur au gouvernement allemand qui vient de procéder au lancement d’une première ligne ferroviaire Ecolo entrant dans le cadre ambitieux de décarbonisation à l’horizon 2035 ! Seulement, Berlin sait qu’il a besoin de partenaires fiables pour mener à bon port son projet. Et de par son expérience acquise concernant les énergies vertes, le Maroc dispose d’un potentiel énorme en la matière, pouvant être d’un grand apport pour l’Allemagne. Du coup, la consolidation de la coopération à ce niveau ne peut être que bénéfique, dans une démarche win-win, pour les deux parties. D’ailleurs, il n’est pas un hasard que des médias allemands reviennent, ces derniers temps, sur les atouts marocains quant aux énergies renouvelables.
Pour faire avancer ces différents chantiers, il va sans dire qu’il va falloir insuffler une nouvelle dynamique au cadre institutionnel régissant les relations bilatérales. Raison pour laquelle il a été convenu de convoquer, dans les meilleurs délais, la Commission économique mixte (CME). Celle-ci constituant le cadre idoine pour davantage d’implication outre des décideurs politiques, des opérateurs privés des deux pays. Avec la nouvelle configuration, tout porte à croire que l’avenir promet plus et mieux !

 

L’Allemagne au Top 5 des partenaires du Royaume

Selon des statistiques officielles, datant de 2020, les échanges entre le Maroc et l’Allemagne demeurent «convenables», malgré les contingences relatives à la pandémie du Covid-19 et à ses impacts sur les économies à l’international.
En effet, les exportations allemandes vers le Maroc se sont chiffrées à 1,9 milliard d’euros, dont notamment des véhicules à moteur et leurs pièces, des machines, des produits chimiques, ainsi que de l’électronique. En sens inverse, pour ce même exercice, les expéditions marocaines vers le marché allemand ont totalisé une valeur de 1,3 milliard d’euros (textile, alimentation, électronique, produits chimiques et autres matières premières).
Certes, une baisse a été enregistrée par rapport à 2019, mais du côté de la Chambre allemande de commerce et d’industrie au Maroc on reste confiant quant aux promesses pour l’avenir. Ce qui a été, d’ailleurs, confirmé, légèrement, en 2021 avec des exportations marocaines de 1,4 milliard d’euros et des importations qui ont été de 2,2 milliards d’euros.
Ceci étant, l’Allemagne est au Top 5 des partenaires économiques du Royaume derrière l’Espagne, la France, la Chine et les États-Unis. A noter, en outre, que ce sont une centaine d’entreprises allemandes qui opèrent au Maroc, assurant quelque 30 000 emplois.