Le Corcas, le Plan d’autonomie pour le Sahara… le basculement du rapport de force

Grande Décision Royale en Mars 2006.

Le 25 mars 2006, en installant le tout-nouveau Corcas, le Roi Mohammed VI réitère l’intention du Maroc de présenter un plan d’autonomie pour le Sahara, une déclaration qui fera l’objet d’une confirmation à nouveau, le 6 novembre suivant. En avril 2007, le Maroc remettait au Secrétaire général de l’ONU sa proposition. Elle sera qualifiée de sérieuse et crédible 4 ans plus tard, le Plan d’autonomie fait jonction avec la projet de régionalisation. «S’il y a accord avant la mise en œuvre de la régionalisation, le Sahara se verra appliquer le statut d’autonomie, sinon, en attendant, ce sera celui de la régionalisation avancée qui sera en vigueur». Ces termes sont  ceux d’Omar Azziman, président de la commission consultative de la régionalisation, (CCR), qui s’exprimait devant la presse au lendemain de la présentation au Roi de son rapport, le 9 mars 2011.

Entre-temps, le Maroc continue de marquer les points. Face à l’argument des droits de l’homme utilisé jusqu’à l’usure par les séparatistes, le Maroc brandit la carte du CNDH. Le Conseil national des droits de l’homme dont la création et la constitutionnalisation ont été saluées par de nombreuses organisations internationales devrait bientôt disposer d’une antenne régionale, au Sahara. Pour cela, il faut juste attendre la promulgation de sa loi organique. Mieux encore, l’affluent hassani est reconnu, dans la loi fondamentale du pays, en tant qu’affluent de l’identité plurielle des Marocains. Le texte de la Constitution prévoit, en outre, la mise en place de mesures pour la préservation du hassani, «en tant que partie intégrante de l’identité culturelle marocaine unie» (art.5).

De même, le Front Polisario et les partisans de ses thèses ont fait des ressources naturelles du Sahara leur cheval de bataille. Là encore, le Maroc a joué franc-jeu et lors de l’avant-dernière rencontre des négociations informelles, c’est l’autre partie qui a refusé d’aborder  le sujet. Le projet de la régionalisation avancé prévoit d’ailleurs que chaque région dispose pleinement de ses ressources naturelles. Le Sahara ne fait pas exception. Le vote, le 1er juillet dernier, de la Constitution et le taux de participation et du «Oui» enregistré dans les régions du Sahara vient conforter le Maroc dans sa position. Cela a d’ailleurs été perceptible lors du 8e round de Manhasset, dans la banlieue new-yorkaise, du 19 au 21 juillet. Un nouveau rendez-vous est pris pour le début de l’automne prochain, au Portugal, pour un 9e round des négociations informelles.