La nouvelle politique migratoire du Maroc

Plus de 150 migrants régularisés bénéficient des prestations et services d’intermédiation de l’ANAPEC, que ce soit en agence ou à distance afin d’améliorer leur insertion dans le marché du travail.

C’est un axiome. En dépit de leur niveau d’instruction, les immigrants se heurtent le plus souvent à des obstacles d’intégration sur le marché du travail. Parmi les raisons qui les éloignent des opportunités de travail se trouvent le manque d’expérience et un bas niveau d’instruction.

Consciente de l’existence de ces freins, la nouvelle politique migratoire du Maroc a œuvré pour réduire le degré de déqualification en emploi. Dans le but de l’intégration des immigrés réguliers dans le programme de formation professionnelle et de reconnaissance des qualifications, le ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger et des affaires de la migration a conclu plusieurs partenariats, notamment avec le ministère de la solidarité, de la femme, de la famille et du développement social et l’Office de la formation professionnelle et la promotion du travail (OFPPT) pour faciliter l’accès aux migrants aux programmes de formation afférents à ces établissements.

Ainsi, l’OFPPT a-t-il ouvert, à titre exceptionnel, les portes de ses établissements (au nombre de 10) aux migrants récemment régularisés pour l’année 2015-2016 pour suivre des formations professionnelles et bénéficier des prestations connexes telles que les bilans de compétences et la validation des acquis professionnels, et ce, sans passer par les voies diplomatiques habituelles.

S’agissant de l’intégration professionnelle des femmes migrantes, ces dernières ont désormais accès aux formations spécifiques, notamment dans les domaines de l’artisanat, de la couture et de la coiffure, et ce, au niveau des Centres de formation et d’éducation (CEF) relevant des délégations de l’Entraide nationale.

Les actions ne peuvent être bien menées que si elles passent par une bonne communication. En effet, il a été procédé à l’élaboration de plusieurs outils de communication et de sensibilisation en plus de l’organisation de rencontres avec les associations et les responsables d’information et d’orientation des établissements de formation professionnelle concernés.

L’ensemble de ces opérations s’inscrit dans la continuité des actions menées par le ministère en 2014. Plus de 460 migrants ont ainsi bénéficié d’une formation professionnelle assurée par les associations subventionnées.

Dans le volet emploi, les objectifs tracés sont clairs : faciliter l’accès des immigrés réguliers à l’emploi, promouvoir la création de leurs entreprises et couvrir les besoins spécifiques en main-d’œuvre.

Mardi dernier, Anis Birou, ministre chargé des Marocains résidant à l’étranger et des affaires de la migration, en compagnie de Abdeslam Seddiki, ministre de l’emploi et des affaires sociales, Philip Mikos, ministre conseiller, chef de la coopération de l’Union européenne au Maroc, et Anas Doukkali, directeur général de l’ANAPEC, se sont rendus à l’agence Agdal pour présenter les premiers résultats d’une phase d’expérimentations relative à l’ouverture des prestations et services ANAPEC au profit des migrants régularisés.

Dans le cadre de la stratégie nationale de l’immigration et de l’asile développée par le ministère de tutelle, le projet Sharaka accompagne l’ANAPEC dans la mise en œuvre d’une phase pilote d’insertion professionnelle des migrants régularisés dans le marché du travail marocain. D’une durée de 3 mois, cette action vise à tester dans cinq agences ciblées – Casablanca, Rabat, Fès, Tanger, Oujda –  une offre de service provisoire au profit de cette population pour identifier les bonnes pratiques et les axes d’amélioration avant l’élaboration d’une stratégie nationale et la généralisation du dispositif à l’ensemble du Maroc.

Plus de 150 migrants régularisés bénéficient des prestations et services d’intermédiation de l’ANAPEC, que ce soit en agence ou à distance afin d’améliorer leur insertion dans le marché du travail.

En soutien au Partenariat pour la mobilité UE-Maroc, le projet Sharaka a pour entre autres objectifs de renforcer, sur une période de trois ans, la capacité des autorités marocaines compétentes dans la gestion de la migration de travail par une coopération renforcée avec ses partenaires européens.

Les moyens financiers mis à disposition du projet par l’UE (5 millions d’euros), la France (146 000 euros) et les Pays-Bas (125000 euros) doivent permettre d’organiser la coopération entre le Maroc et les institutions européennes dans une démarche innovante, basée sur l’échange entre pairs.
Par ailleurs, la délivrance des permis de travail a été soumise à de nouvelles dispositions. Ils seront donnés systématiquement à tout migrant muni d’un contrat de travail sans passer par la délivrance de l’attestation d’activité exigée par l’ANAPEC.

L’octroi du titre de séjour au profit des investisseurs étrangers a, lui aussi, été revu. Une procédure d’échange d’informations entre les parties concernées a été mise en place pour le traitement rapide des demandes d’octroi de titres de séjour, formulées par les investisseurs étrangers et en faveur des compétences rares.