La nouvelle Chambre des conseillers à l’œuvre

Opposition, majorité, syndicats et patronat se sont mis d’accord sur un même sujet de débat.

Au-delà de la prestation d’Abdelilah Benkirane devant la deuxième Chambre, c’était plutôt le comportement des conseillers qui était scruté. En effet, ce passage devant une Chambre complètement renouvelée était très attendu. Les observateurs politiques s’attendaient à voir la réaction du nouveau président de la Chambre, le comportement du chef de groupe, également nouveau, du PAM, la prestation du PJD qui fait son entrée à la Chambre, le baptême du feu du patronat et le come-back de la CDT après avoir contraint ses conseillers à une démission collective en 2008. Naturellement, l’intervention de l’Istiqlal et la mise en œuvre de son «opposition nationaliste istiqlalienne» était également très attendue. On notera après ce passage relativement long, près de quatre heures, du chef du gouvernement que celui-ci s’est retenu de féliciter le nouveau président comme il a insisté à le faire pour les autres conseillers nouvellement élus. Le président de la Chambre ne semble pas lui en avoir tenu rigueur, il est resté  neutre et surtout équitable quand il a été question de répartir le temps d’intervention. Le discours du PAM n’a pas changé avec le changement du chef de son groupe.

L’intervention de Aziz Benazzouz rappelle celle de son prédécesseur Hakim Benchemmass sur plusieurs points. Il a insisté sur les faits, sans vouloir polémiquer, mais tout en veillant à lancer quelques piques au chef du gouvernement en relevant par exemple le fait que, curieusement, les budgets des ministères chapeautés par le PJD ont connu des évolutions remarquables, de 25% à plus de 40%. L’Istiqlal est resté critique, mais dans la limite du raisonnable. Le patronat a relevé le retard du gouvernement en matière législative surtout lorsqu’il est question de réglementer le droit de grève.