La Mouvance populaire unifiée veut plus de sièges au gouvernement

Samedi 20 décembre, les comités centraux du MP, du MNP et de l’UD
ont scellé le pacte de leur réunification n Mahjoubi Aherdan a été
désigné à la tête de la nouvelle entité politique.

L’unification de la famille de la Mouvance populaire en un seul parti n’est plus du domaine du virtuel. Les trois formations majeures, en l’occurrence le Mouvement populaire (MP), le Mouvement national populaire (MNP) et l’Union démocratique (UD), respectivement dirigés par Mohand Laenser, Mahjoubi Aherdan et Bouazza Ikken, s’acheminent pas à pas vers la réunification de leurs structures.

Autre cheval de bataille, le changement du mode de scrutin
Déjà, la Charte de la Maâmoura, signée le 8 juin 2003, avait consacré la voie de «la mise en place de structures unifiées, transparentes, fiables et efficaces».
Un nouvel élan a été donné à ce processus samedi 20 décembre. Réunis en conclave à Rabat, les trois comités centraux du pôle haraki ont lancé les bases d’une structure baptisée Mouvance populaire unifiée, dotée de statuts et présidée par l’amghar Mahjoubi Aherdan. Du moins «temporairement et en attendant la future fusion», affirme l’un des architectes de cette réunification, Essaïd Ameskane, dans une déclaration à La Vie éco. «Nous avons désigné M. Aherdan à la tête de la MPU parce qu’il est, d’une part, l’un des fondateurs de la mouvance populaire et, d’autre part, par respect de l’empreinte qu’il a imprimée à la scène politique nationale de notre pays», ajoute-t-il.
En plus d’une présidence, les statuts de la MPU prévoient un comité de coordination à l’échelle nationale, et des comités aux échelons régionaux, ainsi qu’une commission d’études et d’animation dont les membres seront désignés ultérieurement.

Pas de fusion des groupes parlementaires
Quant à la fusion organisationnelle en un seul parti politique, que l’on déclare ouverte à tous ceux «qui partagent les idéaux de la Mouvance populaire unifiée», aucune date n’a été avancée. Les autres partis issus de la matrice originelle du Mouvement populaire, fondé en 1958, comme le MDS de Mahmoud Archane, ou encore le Parti Al Ahd de Najib Ouazzani, devraient logiquement suivre la tendance
La MPU, une fois créée, n’implique pas le regroupement dans l’immédiat des députés des trois partis en un seul groupe parlementaire. Pourtant, avec quelque 83 députés à la Chambre des Représentants et plus d’une centaine à la Chambre des Conseillers, la Mouvance serait la première force parlementaire dans l’hémicycle. «Se fondre en un seul groupe parlementaire nuirait à nos intérêts», affirme M. Ameskane. «Nous préférons garder chacun sa structure, et continuer comme par le passé à œuvrer ensemble au sein des deux Chambres du Parlement».
La MPU ne compte toutefois pas en rester là, même si ce regroupement ressemble plus à une coalition du genre de la Koutla qu’à une ébauche de fusion. Elle entend se battre pour que sa représentation au gouvernement soit plus substantielle. L’autre cheval de bataille de la MPU sera le changement du mode du scrutin, condition sine qua non à une fusion effective. «Nous avons vécu la fâcheuse expérience du scrutin de liste et cela a profité plus aux autres partis politiques qu’à la Mouvance populaire. Réunis, nous représentons plus de 26% de l’électorat et les résultats des dernières élections l’ont prouvé», conclut M. Ameskane