La méthodologie démocratique d’abord

Le 10 octobre 2002, au lendemain de la désignation de Driss Jettou comme Premier ministre, les 22 membres du bureau politique de l’USFP.

Le 10 octobre 2002, au lendemain de la désignation de Driss Jettou comme Premier ministre, les 22 membres du bureau politique de l’USFP, parti vainqueur aux élections avec 50 sièges sur les 325 à pourvoir à la première Chambre, se réunissent d’urgence. La rencontre qui dura trois heures se solda par un communiqué dans lequel le parti exprima son désaccord sur la méthodologie suivie pour la désignation du Premier ministre, alors qu’elle a été respectée du temps du Roi Hassan II en 1998.

«L’avancée démocratique réalisée par le Maroc nécessite la prise en considération des résultats du scrutin populaire et de la démarche démocratique qui en découle. Rien ne justifie de s’éloigner de cette démarche», avait déclaré ce communiqué. M. Youssoufi, le premier secrétaire du parti et Premier ministre sortant, se fendit, de Bruxelles, où il se trouvait, d’une critique sévère de l’expérience de l’alternance et des entraves institutionnelles auxquelles il a dû faire face, même s’il avait encouragé son parti à participer au gouvernement Jettou. Participation qui relevait plus d’un compromis douloureux trouvé au sein du bureau politique que d’une décision à l’unanimité. D’ailleurs, l’USFP allait faire les frais de cette division avec l’accentuation des courants en son sein.

Il est vrai que la désignation d’un technocrate à la tête de l’Exécutif avait suscité beaucoup d’interrogations, au moment où tout le monde considérait comme acquise la méthodologie démocratique. Sauf que la Constitution de 1996 était claire sur ce chapitre : le Roi avait droit de confier la Primature, sans contrainte, à qui il voulait. Neuf ans après, la donne change : la Constitution du 30 juillet 2011 fait obligation au Roi de désigner le chef du gouvernement au sein du parti ayant obtenu le plus grand nombre de sièges à la Chambre des représentants.