La MAP, bien plus qu’une agence officielle

La MAP est désormais beaucoup plus une entreprise performante qu’un banal établissement de prestation de service public. Son chiffre d’affaires a grimpé de 54% en cinq ans.

«Aujourd’hui on recouvre, on encaisse et on vend mieux». Le directeur général de la MAP, Khalil Hachimi Idrissi, connu pour avoir le verbe facile et la plume alerte, ne saurait trouver d’autres mots pour qualifier le bilan de son agence. Parlant économie bien entendu. Le chiffre d’affaires de l’agence, tel que présenté à la tenue de son conseil d’administration le 13 juillet, s’est amélioré de 10% entre 2013 et 2014. Il a grimpé de 54% en seulement cinq années (passant de 27,6 millions de DH en 2010 à 42,5 millions de DH en 2014). Ces performances ne pourraient venir du néant. Durant l’année 2014, l’agence a maintenu un rythme de croissance soutenu, avec une production passée de 294 dépêches par jour en 2011 à plus de 530 dépêches par jour en 2014. Ce qui représente un taux de croissance de 82%. Cela dit, nous ne sommes plus dans le temps où l’agence ne produisait que du texte. La MAP se diversifie à une cadence soutenue. Elle a produit une moyenne de 600 capsules sonores et 275 vidéos par mois en 2014. Ce qui représente une évolution de 20% par rapport à l’année précédente.

La MAP affirme ainsi son potentiel pour se positionner sur le marché audiovisuel et se donne les moyens pour s’imposer. Le matériel qu’elle a commandé, pour ce faire, devrait entrer en activité dès cette rentrée, en octobre prochain. Cela dit, ce souci de diversification ne porte pas uniquement sur le support. Ses engagements de diversité couvrent également le contenu. Elle a ainsi veillé à un meilleur équilibre dans le traitement des activités gouvernementales et celles concernant les autres secteurs, notamment l’économie, la culture, le sport et la société civile. Mustapha El Khalfi, ministre de la communication, certainement impressionné par les performances de l’agence ces dernières années, parle de la MAP comme «une agence du 21e siècle, leader au niveau de l’Afrique, tout en accompagnant le projet national de régionalisation». Ainsi, en plus du renforcement et de rationalisation de ses antennes locales et régionales, la MAP a continué l’opérationnalisation de son nouveau réseau international avec l’inauguration du Pôle Afrique de l’Ouest, la réalisation d’un redéploiement des ressources humaines au niveau des postes à l’étranger et la préparation pour le lancement de 7 pôles (Europe de l’Est, Monde Arabe, Maghreb, Europe occidentale, Scandinavie et Pays Baltes, Afrique Australe, Afrique de l’Est). 

Sa vocation africaine a été consacrée avec la création de la Fédération atlantique des agences de presse africaines (FAAPA) qui s’impose comme un modèle de coopération Sud-Sud. Ce n’est qu’un début puisque l’objectif de la MAP est de consolider les liens excellents entre le Maroc et les pays africains par une coopération sectorielle et de faire des pôles de la MAP en Afrique le fer de lance de la coopération bilatérale et multilatérale.

Du texte à l’image, le pas est vite franchi

En même temps, l’agence entre de plain-pied dans la modernité. Elle s’apprête, en effet, à déployer son projet «SNG : Satellite News Gathering» qui vise à organiser le secteur de la transmission satellitaire au Maroc. Ce projet, dont l’entrée en service est prévue en octobre 2015, fait l’objet d’une convention de financement signée avec le ministère de la communication d’un coût de 27 MDH. Un projet qui permet à la MAP de disposer des équipements et de la technologie nécessaires pour assurer une couverture et transmission en direct des événements, d’effectuer la captation en multi-caméra, de diffuser en direct, partout dans le monde via un car-régie et d’assurer une transmission numérique des reportages d’actualité à haute définition par satellite. L’objectif étant d’organiser le secteur de la transmission satellitaire au Maroc, commercialiser une offre publique structurée de transmission satellitaire, créer une offre formelle pour les médias nationaux et étrangers et rompre avec l’opacité et la situation de l’informel que connaît l’activité actuellement au Maroc.

Mais au-delà de sa nature de prestataire de service, l’agence nationale n’a jamais laissé de côté sa vocation d’utilité publique. Elle n’a pas hésité à franchir le pas de mettre en place un service en tamazight au moment même où l’officialisation de cette langue venait à être inscrite dans la Constitution. La MAP a en même temps accompagné le débat public sur de nombreux thèmes qui préoccupent la société marocaine. Outre les forums de la MAP (18 éditions en 2014) qui mettent la lumière sur les sujets d’actualité (la lutte contre la corruption, le système de compensation au Maroc, la politique énergétique, entre autres) ou encore un focus sur les droits de l’Homme au Maroc (7 forums), l’agence contribue au débat par l’organisation de rencontres diplomatiques en partenariat avec les chancelleries. Au fil des éditions, le «Forum de la MAP» est devenu une tribune appréciée aussi bien par les invités que par la presse. C’est devenu un rendez-vous incontournable. Les rencontres diplomatiques, elles, ont porté sur plusieurs thématiques comme les relations Maroc-Union Européenne, le cinquantenaire des relations Maroc-Pérou, la projection du film «Polisario, réalité d’un front», ainsi que la dimension africaine de la diplomatie marocaine.

Par ailleurs, l’initiative des «Trophées de la MAP» qui récompense les 12 personnalités de l’année, révélées chacune dans son domaine d’activité respectif, reflète sa façon de célébrer ces hommes et ces femmes qui font le Maroc.

La MAP c’est tout cela. C’est aussi et surtout les hommes et les femmes qui l’animent et qui en ont fait ce qu’elle est aujourd’hui. L’agence tourne avec un effectif de 555 personnes avec une prédominance des +20 ans d’ancienneté et des +40 ans d’âge. Pour eux, l’agence a mis en place un nouveau système d’évaluation et d’avancement qui a profité à 42% du personnel en 2014. Un programme «MAP-Academy» a, de même, mis à la disposition du personnel de l’agence et de ses partenaires une nouvelle plate-forme de formation à distance de qualité «E-learning», aussi bien dans les métiers fondamentaux de l’agence, qu’en matière de gestion et des langues. Sur le plan social, des efforts ont été entrepris pour améliorer les prestations accordées au personnel et un projet de contrat-programme devrait consacrer ces acquis.