La Haca renvoie 2M et le PJD dos-à -dos

Elle accorde au PJD un droit de réponse et reconnaît à 2M le droit de disposer de sa propre ligne éditoriale.
Deux minutes y seront consacrées par la chaîne, comprenant à la fois le droit de réponse et la présentation.

La décision, attendue depuis quelques jours, du Conseil supérieur de la communication audiovisuelle est tombée lundi 1er février, après cinq réunions marathon, pour le moins houleuses. Saisie par le journal Attajdid et le PJD, la Haca (Haute autorité de la communication audiovisuelle) a débouté le premier, tout en donnant un droit de réponse au parti islamiste cité par l’un des interviewés lors du reportage diffusé le 11 janvier par la chaîne de Aïn Sebaâ. Sans le nommer, les huit «sages» ont estimé que la déclaration de Jamal Berraoui (*) mettait en cause le PJD, sans que celui-ci n’ait été sollicité pour donner son point de vue, ce qui était de nature à «provoquer une confusion préjudiciable au plaignant dans la perception du téléspectateur». C’est sur cette base que la décision de la Haca «ordonne à la société SOREAD-2M de permettre au PJD d’exercer, par le biais de son représentant légal, son droit de réponse… sans que cette réponse et sa présentation ne dépassent deux minutes».
Offre que la direction de l’information de 2M avait déjà faite au PJD, et que celui-ci s’était empressé de refuser, préférant porter le débat sur la scène publique afin d’en tirer des dividendes politiques. D’ailleurs, après la décision du conseil, le PJD a crié victoire, rendant hommage à l’impartialité de la haute autorité et oubliant qu’il avait revendiqué, à lui seul, une durée équivalant à celle du reportage mis en cause. De là à parler d’instrumentalisation, par le PJD, d’une législation qui lui était a priori favorable dans ce cas, il n’y a qu’un pas que certains observateurs n’hésitent pas à franchir.
La Haca a également rappelé le droit des chaînes de service public «à disposer de leur propre ligne éditoriale, et ce, dans le respect des valeurs essentielles de civilisation, de modernité, de démocratie et des dispositions légales en vigueur, ainsi qu’à la lumière de l’éthique professionnelle communément admise en la matière». Cette formule du conseil conforte 2M dans la liberté du traitement de l’information.
Maintenant, quelles conclusions peut-on tirer de cet épisode ? Si la HACA a démontré son impartialité et son indépendance, on peut se demander si la lecture littérale qui est parfois faite des textes juridiques (le dahir portant création de la HACA) ne risque pas d’être dommageable au processus de transition et au respect de la philosophie démocratique.