Istiqlal : Entre familles et hommes influents portés par l’appareil

El Fassi, Douiri, Boucetta…, de grandes familles contrôlent les instances dirigeantes. Chabat, Soussi, Hejira…, les nouveaux hommes influents se font porter par les organes parallèles.

Aujourd’hui, deux tendances cohabitent au sein du parti. Les jeunes qui ne jurent que par l’organisation et la démocratie interne et ceux, moins jeunes, qui voient encore en l’Istiqlal un parti de «familles qui ont tant donné à ce pays, avant et après l’Indépendance». La réalité est que ces familles ont su tirer profit de l’organisation pour asseoir leur légitimité et garantir leur pérennité. La plus connue, la famille El Fassi, illustre bien cette réalité.
Abdelwahed El Fassi, le fils du fondateur, siège aujourd’hui avec son beau-frère, Abbas El Fassi, au sein du comité exécutif. Son deuxième beau-frère, Mohamed El Ouafa, vient de les rejoindre, grâce à son tout nouveau titre de ministre. Le neveu d’Abdelwahed et gendre de Abbas, Nizar Baraka, fait également partie, depuis bientôt deux mandats, de cette instance. Abdelmajid El Fassi, fils de Abbas El Fassi, est, lui, membre du comité exécutif de la jeunesse. Son frère, Fihr El Fassi est, pour sa part, membre du comité central du parti au même titre que Samira Koraich, épouse de Hani El Fassi, fils de Allal El Fassi et membre de la Cour constitutionnelle.
On retrouve également des familles comme Douiri, Boucetta, Ghellab, pour ne citer que quelques-unes, à différents niveaux dans les instances du parti. M’hamed Douiri est membre influent du conseil de la présidence. Son fils, Adil, ex-ministre du tourisme et son neveu, Fouad, actuel ministre de l’énergie, font partie des dirigeants de l’Alliance des économistes istiqlaliens. De même pour la famille Boucetta. Mhamed, l’ex-secrétaire général, est membre du conseil de la présidence. Khalil, son fils, fait partie du comité exécutif.

Les nouveaux venus tentent autrement leur chance

Même les «relativement» nouveaux membres du parti se sont prêtés à ce jeu. C’est le cas de la famille Qayouh qui a intégré l’Istiqlal en 2003. Elle compte déjà un membre au sein du comité exécutif et, depuis peu, au gouvernement. On pourrait en dire de même pour la famille El Ansari, dont les liens avec le parti remontent à bien plus loin dans le passé. Mohamed El Ansari, membre du comité exécutif, compte deux autres membres de sa famille dans le comité central, son fils Oussama et son frère Abdelwahed, également député de la première Chambre. C’est que le comité central, à la limite protocolaire parce que sans grand poids, a la particularité de permettre à ses membres d’être désignés d’office congressistes sans passer par les instances électives locales. C’est sans doute pour cela qu’on y trouve également, comme membre, Yasser Soussi, fils de l’inspecteur en chef du parti et confident d’Abbas El Fassi, Mohamed Soussi. Ce dernier fait d’ailleurs partie de ceux que l’on pourrait considérer comme les hommes influents puisqu’il contrôle l’appareil des inspecteurs provinciaux. Rentre aussi dans cette catégorie d’hommes, un certain Hamid Chabat, qui après un double putsch contre Abderrazak Afilal et Mohamed Benjelloun Andaloussi, contrôle le syndicat du parti, l’UGTM. Ce qui lui a permis un appui important dans les rangs du conseil national
A contre-courant, l’actuel secrétaire général de la jeunesse, Abdelkader El Kihel, seul jeune à ne pas devoir son siège au comité exécutif au système du quota, est l’un de ces hommes influents qui ne doit pas sa montée à un quelconque réseau familial. Il en va de même pour Toufiq Hejira, fils de famille istiqlalienne, qui a raflé le plus grand nombre de voix après Abdelwahed El Fassi lors de l’élection des membres du comité exécutif. Dans le même lot on trouve Hamdi Ould Rachid, parton de la toute fraîche association des élus locaux au Sahara.