INDH : une vitrine pour le Maroc et un modèle qui fait des émules

L’INDH classe le Maroc parmi le top cinq des pays aux meilleurs programmes sociaux. L’initiative est déjà  dupliquée au Gabon, d’autres pays devraient suivre.

L’INDH n’en est plus à une reconnaissance internationale près. Il y a quelques semaines, la Banque mondiale a publié un rapport sur les politiques sociales publiques dans 136 pays à faible et à revenu moyen. Cette étude a classé le Maroc troisième sur la liste des «top cinq» pays ayant adopté les meilleurs programmes et initiatives d’action d’intérêt général dans le monde. Pour le mettre dans son contexte, ce rapport s’est basé sur une enquête qui date de 2009. Laquelle enquête a porté sur l’état de la politique sociale des pays concernés. Son rapport compare le Maroc et les autres pays en termes de dépenses allouées aux programmes sociaux. Il procède également à la classification du Maroc parmi les pays qui dépensent plus de 1,6% de leur PIB (2,35% dans le cas du Maroc). C’était en 2009, à une année de la fin de la première tanche de l’INDH (2005-2010). Depuis, la gouvernance de l’initiative a bien progressé, ses moyens renforcés, ses mécanismes bien huilés et son champ d’action revu et repensé. Le résultat s’est nettement amélioré.

Pour revenir au rapport de la Banque mondiale, il reconnaît, en fait, que c’est grâce à l’INDH que le Maroc a réalisé d’importantes avancées dans le domaine du développement humain, traduites concrètement par l’accroissement de l’accès aux services sociaux de base, l’amélioration des conditions de vie des personnes souffrant d’une grande précarité ou de vulnérabilité ou ayant des besoins spécifiques, la promotion d’activités génératrices d’emplois et de revenus stables, ainsi que par la dynamisation du tissu associatif. Bien sûr, c’est une action transversale qui opère comme un levier. Ainsi, ce rapport cite également plusieurs programmes à caractère social, tout aussi bénéfiques, mis en œuvre au Maroc, dans une démarche de complémentarité avec l’INDH. 

Des chiffres plus récents viennent corroborer d’ailleurs les résultats de ce rapport de la Banque mondiale. En effet et selon la coordination nationale de l’INDH, un total de 7 432 activités génératrices de revenus (AGR) ont été créées depuis le lancement de l’INDH par SM le Roi en 2005 jusqu’à fin 2014, dont 55% ont été portées par des associations. Les AGR sont aussi portées par les coopératives (27%) et par les Groupements d’intérêt économique (GIE) et les sociétés de personnes (SP) avec 18%.

D’où son caractère transversal qui transcende plusieurs départements ministériels. L’apport positif de l’INDH sur l’action associative et surtout sur la rationalisation de cette action est également indéniable, notamment dans le domaine rural rarement concerné par les politiques gouvernementales (à l’exception de l’agriculture dont le Plan Maroc Vert comporte une forte composante rurale). Ainsi, 56% de ces AGR ont été créées en milieu rural et ont profité à 111 000 personnes. Et ces activités ont pu être mises en œuvre grâce à la dynamique sans précédent et l’importante mobilisation du tissu associatif et des coopératives. 

Un levier de croissance

C’est donc une réalité. Selon les responsables de l’INDH, le tissu associatif tend à se confirmer dans son rôle d’acteur dans la lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale. Ainsi, les associations ont porté, depuis 2005, plus de 17 611 projets actions, soit plus de 38% du portefeuille des projets INDH. Cela dit, l’INDH dans sa démarche est loin d’une logique d’assistanat social. Le programme participe, en effet, au financement des AGR par 70% du montant investi plafonné à 300000 DH. Les bénéficiaires des ces projets apportent le reste, c’est-à-dire 30% du montant global.

Partant de ce principe, le montant investi dans l’ensemble des actions portées par l’INDH, pendant cette même période, s’élève à près de 2,4 milliards de DH et la contribution de l’initiative représente 1,4 milliard.

Naturellement, l’initiative, comme toute action qui implique le facteur humain, n’est pas un fleuve tranquille. Il arrive que certains «dysfonctionnements» perturbent quelque peu son cours. Et même quand ces difficultés apparaissent au moment de la mise en œuvre du programme, les responsables de l’INDH ne les nient pas mais ils prennent les mesures à même d’y faire face. Ces difficultés rencontrées sur le terrain sont tout à fait «naturelles et inévitables à tout projet novateur de grande envergure tel que le chantier de l’INDH, qui s’adresse à l’élément humain avec toutes ses dimensions et toute sa complexité», assure-t-on auprès de la coordination nationale de l’INDH.

Il s’agit essentiellement des «dysfonctionnements liés surtout au problème de la pérennité de certains projets et qui concernent 5% de la masse globale des projets réalisés». Et, en fin de compte, «ce pourcentage qui est en soi très faible est dû essentiellement aux améliorations continues dans la mise en œuvre de l’INDH, qui demeure un levier de transformation sociale et un cas d’école inédit qui se nourrit de ses forces et se consolide des faiblesses de sa mise en œuvre», indique-t-on. Cela en précisant que des efforts ont été déployés pour «pallier ces difficultés et s’adapter davantage aux besoins des bénéficiaires qui sont eux aussi en perpétuelle évolution»

Exemple régional

Globalement, l’initiative a pu accomplir des réalisations tangibles sur le terrain et améliorer les conditions de vie des populations démunies, tout en développant son expertise en matière d’ingénierie sociale. Ce n’est pas tout. L’initiative a réussi à rayonner au niveau international et à susciter l’intérêt de plusieurs pays, entre autres les pays africains, grâce à son approche, ses fondements et principes, son mode de gouvernance et la mobilisation des acteurs de développement. En atteste cet accord-cadre de coopération en matière de développement et d’investissement humain signé par le Maroc et le Gabon lors de la visite de SM le Roi dans ce pays frère en décembre 2014. La mise en œuvre de cet accord se fait par la mobilisation d’une équipe technique conjointe qui veille sur la réalisation des plans de travail arrêtés d’un commun accord. Des plans qui portent sur plusieurs axes dont l’institutionnalisation des échanges d’expériences et de visites de terrain entre les deux pays, la promotion des activités génératrices de revenus (AGR), le renforcement des capacités des acteurs concernés par le développement humain et la mise en place de centres sociaux pour les personnes à besoin spécifique. Ce n’est qu’un début et le Maroc se dit, en effet, ouvert aux différentes autres formes de partenariat et de collaboration avec d’autres pays.