Il faudrait tenir un référendum pour décider d’une régionalisation généralisée

Quelle forme prendrait le statut d’autonomie pour le Sahara ?
Il faudrait poser le problème d’abord dans un contexte marocain et dans le cadre du conflit du Sahara tel qu’il est posé actuellement.

Quelle forme prendrait le statut d’autonomie pour le Sahara ?
Il faudrait poser le problème d’abord dans un contexte marocain et dans le cadre du conflit du Sahara tel qu’il est posé actuellement.
Sur la demande expresse des responsables algériens et de beaucoup d’amis du Maroc, notre pays avait accepté au début des années quatre-vingt le principe du référendum pour recueillir l’avis des populations du Sahara. Mais dans l’esprit de feu S.M. Hassan II un tel référendum ne pouvait être que confirmatif de la marocanité du Sahara. En même temps, il était question d’ériger des régions culturellement fortes et économiquement viables.
A mon avis, s’il y a un référendum à tenir, il doit porter sur une régionalisation généralisée à l’ensemble du Maroc et non pas réservée uniquement au territoire du Sahara.
Un telle régionalisation nécessite également une révision constitutionnelle pour introduire la notion de région dans la loi suprême du royaume. Le nombre de ces dernières et leur configuration devront être le résultat d’une étude fouillée et d’un large débat.
On devra ensuite organiser un référendum par région pour prendre en considération les particularités économiques, culturelles et autres de chaque région pour adopter un statut qui lui soit le mieux adapté. Ce statut déterminera les institutions de la région à savoir une assemblée élue au suffrage universel direct et un exécutif régional issu de cette assemblée.
Au final, on aura ainsi réussi à faire d’une pierre deux coups : promouvoir une réelle décentralisation démocratique et résoudre le problème du Sahara.
Je propose une telle approche parce que je suis intimement convaincu que dans cette affaire, l’Algérie n’acceptera jamais une solution proposée par le Maroc. Nous l’avons amplement vérifié depuis 1973.
Enfin, il va de soi que la résolution du conflit du Sahara doit se faire dans le cadre de la souveraineté marocaine et dans le respect de l’intégrité territoriale de notre pays, des idées qui ont été exprimées dans le Plan Baker de 2001. Quant à l’architecture du régime d’autonomie proposé pour le territoire du Sahara dans ce même plan, elle n’est pas de nature à susciter d’opposition fondamentale de la part du Maroc. D’ailleurs, ce plan d’accord-cadre a été accepté par le Maroc, mais rejeté par l’Algérie et le Polisario.
J’ai développé cette vision à plusieurs reprises, malheureusement elle n’a pas encore suscité de réactions chez nos responsables. Aujourd’hui, elle est plus que jamais d’actualité.

Communautés espagnoles, Länder allemands, régions italiennes, de quel modèle pourrait s’inspirer le Maroc pour un régime d’autonomie concernant le Sahara ?
Il n’y a pas de modèle idéal. On pourrait s’inspirer de tous les modèles et en retenir ce qui nous intéresse, ce qui pourrait être applicable au Maroc.

Ne pensez-vous pas que le passage d’une régionalisation embryonnaire à une autre avancée risque d’être périlleux?
Ce que je peux vous dire, c’est que la régionalisation est inscrite dans l’évolution normale de la décentralisation démocratique au Maroc.
Il serait indispensable de revoir le nombre de régions et de le réduire de 16 à 10. Par exemple, en ce qui concerne le territoire du Sahara, il serait plus approprié de
le regrouper en une seule région et de l’étendre un peu plus au nord (Guelmim, Tan Tan…)