Hassan Benaddi : Ceux qui sont venus au PAM par opportunisme en ont été pour leur frais

Les implantations régionales du parti sont en voie d’achèvement
Une commission préparatoire du congrès mise en place
L’objectif du parti est de militer pour que les réformes institutionnelles nécessaires soient réalisées
Une alliance avec le RNI en vue des communales de juin 2009 est à  l’étude.

Najib El Ouazzani, ex-secrétaire général du parti Al Ahd et secrétaire général adjoint du PAM, a quitté le parti. Pour quelles raisons ?
C’est une question que vous devriez poser à M. El Ouazzani. Au moment de constituer le PAM, nous nous étions dit que, malgré tous les reproches que l’on peut faire au champ partisan marocain, il s’y trouve des potentialités et des compétences dont il faudrait tenir compte. Nous avons donc fait une offre politique à un certain nombre de partis dont les élus s’étaient engagés dans une dynamique de dépassement de leur formation en acceptant de travailler dans le cadre du groupe parlementaire Authenticité et modernité. Voyant que leurs élus étaient déjà lancés, certaines directions, de bonne foi ou par calcul politique, ont pris le train en marche. Pour nous, la création d’un nouveau parti par fusion était un acquis au niveau des directions, c’est plutôt au niveau des bases que nous nous attendions à rencontrer des difficultés. Nous avons eu la surprise de les voir venir des dirigeants.

M. El Ouazzani reproche au PAM la confusion qui existe entre la direction du parti et celle du MTD…

Au fond, nous sommes confrontés à une contradiction entre deux cultures politiques. A un certain moment, au Maroc, l’hypothèse de travail des régulateurs du champ politique était la division des structures existantes. Au PAM, nous avons pris le contre-pied de cette logique et c’est là que le bât blesse pour certains. Dans nos statuts, nous avons prévu de mettre en place un parti fédéral, regroupant 16 partis régionaux, et nous sommes en train de construire les structures provisoires de ces formations en y impliquant directement les élus des partis fusionnés. C’est-à-dire qu’on passe de structures centralisées dirigées par un chef doté du pouvoir de distribuer les accréditations vers un système où ce pouvoir est décentralisé. Demain, ce seront les sections locales, régionales et provinciales du PAM qui se chargeront de la distribution des accréditations, etc. Les participants porteurs de l’ancienne culture, qui étaient surtout venus par opportunisme, pour se rapprocher de telle ou telle personnalité, redorer leur blason, ont constaté que nous étions dans une logique qui ne leur laissait aucun pouvoir et qui inversait la pyramide. Toutefois, leurs élus sont satisfaits et sont restés.

Question récurrente : quelle est la relation entre le PAM et le Mouvement de tous les démocrates ?
Le MTD est une association, le PAM, un parti. Ce mouvement a fait une offre politique qui a été à l’origine de la création du PAM. Durant cette phase de construction, des dirigeants du MTD se sont retrouvés à la fois à la tête de l’association et du PAM, dont moi-même. Toutefois, dans la direction du MTD figurent les membres d’autres partis qui ne se mêlent pas des affaires du parti. Nous discutons des affaires du PAM au sein du PAM, et le MTD a le droit d’aborder toutes les questions politiques et concernant les partis, y compris le PAM.

Où en est le PAM aujourd’hui ?
Pour le moment, nous sommes en train de structurer les régions. Parallèlement, les préparatifs du congrès se poursuivent. Lors de la dernière réunion du bureau politique, nous avons désigné une commission préparatoire qui sera subdivisée en une demi-douzaine de commissions spécialisées. Elles auront pour mission de veiller à la préparation du congrès : la commission des critères, la commission de préparation morale du congrès, sans oublier celles chargées des statuts, de la logistique ou de la préparation matérielle du congrès.
Quant à la commission préparatoire, elle va se réunir incessamment pour désigner son président et choisir les présidents et rapporteurs des différentes commissions spécialisées.

Jusqu’à présent, peu de gens connaissent le projet de société du parti…
Dans le dossier déposé auprès du ministère de l’intérieur, nous avons fait référence aux fondamentaux de la nation marocaine : une monarchie constitutionnelle démocratique et sociale, la diversité culturelle, l’ouverture à la modernité, etc. En termes de plateforme ou de référentiel idéologique, nous nous référons au rapport sur le développement humain et au rapport de l’IER. Le PAM va militer en faveur de toutes les réformes institutionnelles nécessaires pour permettre au Maroc de se remettre au travail et nous pensons que l’option régionale de la décentralisation est la meilleure perspective pour aller vers la modernité.

Quid des préparatifs des communales du 12 juin ?
Nous pensons que l’organisation en structures régionales augmentera les chances de nos membres. Nous avons également entamé une réflexion avec nos amis du RNI pour aller au-delà de l’alliance au Parlement. Nous souhaitons construire, lors des prochaines élections, des alliances ou des stratégies pour que les démocrates, là où ils se trouvent, remportent les élections. Nous ne prétendons pas qu’ils se trouvent seulement chez nous et nous aimerions que tous nos membres élus soient réélus ou conquièrent des positions nouvelles. Toutefois, nous voudrions surtout nous impliquer avec d’autres formations politiques nationales pour faire en sorte que la démocratie marocaine soit immunisée contre les forces rétrogrades qui risquent de remettre en cause tous les acquis nationaux. Nous pensons également que nous, PAM, avec d’autres, devrions constituer de véritables fronts, au cas par cas, des alliances à géométrie variable : ce qui sera valable pour Marrakech ne le sera pas forcément pour Fès ou Casablanca.
entretien téléphonique.