Gouvernement : après la crise, une nouvelle équipe

En janvier, l’Istiqlal a créé la surprise, non seulement en portant à  sa tête un syndicaliste chevronné, mais en brandissant la carte du retrait d’un gouvernement dont il est le deuxième principal pilier après le PJD.

 En mars, il remet un cahier revendicatif au chef du gouvernement par lequel il entend rectifier le tir, et par la même occasion donner un coup de fouet à l’action du gouvernement. A ce mémorandum, le chef du gouvernement a opposé une fin de non-recevoir, comme d’ailleurs à toutes les demandes de l’Istiqlal de réunir l’instance de la majorité. En mai, l’Istiqlal vote, par son conseil national, la motion de retrait du gouvernement qu’il conditionne à un arbitrage royal en vertu de l’article 42 de la Constitution. Et comme il n’y eut point d’arbitrage, puisque les circonstances ne le justifient pas, l’Istiqlal somme ses ministres de présenter leur démission. L’initiative n’a pas manqué de soulever une polémique constitutionnelle et politique. Chacun y est allé par ses scénarios. Des plus catastrophiques comme le chaos politique  ou les élections anticipées qui allaient plonger le Maroc dans une situation d’instabilité, jusqu’au plus optimiste qu’est la formation d’un nouveau gouvernement, plus efficace et plus cohérent. Le fait étant que le gouvernement s’est retrouvé en situation de minorité alors qu’il doit faire voter des textes importants, toutes les lois organiques prévues par la Constitution et qui n’étaient et ne sont toujours pas encore votées. Son chef entame donc un marathon de négociations de deux mois avec le RNI. Ce dernier accepte de donner main forte à Abdelilah Benkirane pour sa nouvelle majorité, mais non sans conditions. Le gouvernement n’est plus en minorité puisque la nouvelle coalition gouvernementale dispose d’une confortable majorité à la première Chambre, mais c’est le PJD qui se retrouve cette fois en minorité dans le gouvernement qu’il conduit. En définitive, nous avons un nouveau gouvernement, mais toujours pas de déclaration du nouveau programme, pas non plus de bilan d’étape annuel. Le bilan d’étape de la mi-mandat est, lui, très attendu alors que le chef du gouvernement vient de reconnaître qu’il ne va probablement pas honorer tous ses engagements.