Fête du Trône : L’INDH ou l’initiative novatrice

L’INDH s’inscrit dans les stratégies sectorielles, particulièrement celles visant à protéger les petits métiers, notamment le Plan Halieutis, le Plan Maroc Vert qui visent, au-delà de la promotion économique, à atteindre les objectifs du développement humain et à améliorer les conditions de vie des citoyens.

«Le Maroc est un exemple à suivre en matière de développement humain car rares sont les pays en développement qui consacrent autant de ressources et d’énergie à cette question», avait indiqué Henri Verdier, économiste et professeur à l’Ecole des hautes études commerciales (HEC-Paris). Et de poursuivre que «les statistiques présentées par certains rapports internationaux concernant le développement humain au Maroc sont ‘‘injustes’’ et ne placent pas le Royaume dans la position qui lui échoit». C’était lors d’un atelier sur «les politiques publiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale» organisé à Rabat en mai dernier. Pour cet expert, les faits sont encore plus éloquents que les chiffres, compte tenu des grands projets mis en œuvre dans le cadre de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) et le nombre important des bénéficiaires de cette initiative. Cette dernière s’inscrit effectivement dans les stratégies sectorielles, particulièrement celles visant à protéger les petits métiers, notamment le Plan Halieutis, le Plan Maroc Vert qui visent, au-delà de la promotion économique, à atteindre les objectifs du développement humain et à améliorer les conditions de vie des citoyens. Dans ce sens, on peut citer le rapport thématique que le Conseil économique, social et environnemental (CESE) avait élaboré sur l’INDH, mettant en exergue le lien étroit entre l’initiative en tant que valeurs, objectifs et gouvernance participative ciblant l’Homme, et le référentiel des critères et objectifs prônés par le CESE, visant l’instauration d’une nouvelle charte sociale.

Une démarche qui a séduit les institutions internationales

Sur fond d’inventaire des réalisations d’une décennie d’existence, d’autres objectifs surgissent comme l’élargissement de la «classe moyenne» pour une paix sociale durable et une meilleure redistribution des richesses. Les différents modèles de développement adoptés auparavant, qui se sont focalisés sur la croissance économique, n’ayant donc pas pris en considération la dimension humaine, ont montré leur limite en contribuant au renforcement du gap entre les différentes couches sociales. Pour la période 2010-2015, il était question surtout de s’attaquer au volet de la gouvernance de l’INDH et du cadrage budgétaire du deuxième chapitre.

Ainsi, lors de la première phase de l’INDH, soit la période 2005-2010, plus de 22 000 projets et actions de développement (dont 3 700 activités génératrices de revenus) ont été concrétisés au profit de plus de 5,2 millions de bénéficiaires. Le montant d’investissement global s’élève à 14,1 milliards de dirhams avec une contribution de l’INDH à hauteur de 8,4 milliards. Pour ce qui est de la période 2011-2014, plus de 18 600 projets ont été lancés au profit de près de 4 millions de personnes, sans parler de la création de 4300 activités génératrices de revenus.

De toute façon, bien plus de détails sont disponibles sur le web et largement relayés par les médias. Ce n’est pas pour rien que la Banque Mondiale soutient l’INDH depuis son lancement en 2005 tant sur le plan technique et financier qu’au niveau de la mobilisation des financements auprès des organismes de coopération internationale.

La banque a accompagné l’ensemble des programmes de la phase I de l’INDH (2005-2010) en se focalisant en particulier sur l’insertion des femmes et des jeunes, la transparence du processus participatif, la promotion de l’intégration économique et le renforcement des capacités des acteurs locaux. Elle a accompagné aussi l’Observatoire national du développement humain pour qu’il puisse intégrer une méthodologie rigoureuse en ce qui concerne l’évaluation de l’impact de l’INDH, notant que cette phase a bénéficié d’un prêt de 100 millions de dollars pour la période 2007-2010 qui a été complètement utilisé. Au cours de la phaseII, la Banque Mondiale a axé son soutien sur trois programmes et quatre domaines thématiques ayant trait notamment à l’amélioration de l’accès aux services sociaux, au renforcement de la gouvernance participative au niveau local et à la promotion de l’intégration économique. La phase II de l’INDH a constitué la première opération d’appui de la banque au niveau global. La valeur du deuxième prêt était de l’ordre de 300 millions de dollars, le triple du précédent prêt, soit le plus grand montant jamais accordé par la banque au Maroc !

Par ailleurs et parmi les axes d’évolution de l’INDH figurent la dynamisation et professionnalisation des associations et coopératives, le développement des AGR, la pérennisation des projets et l’amélioration de la communication de proximité et du ciblage territorial et catégorial. L’initiative repose également sur un partenariat riche et diversifié, comme en témoigne cette interaction et cette coopération bilatérale entre les différents intervenants dans ce domaine, à savoir les bailleurs de fonds, le tissu associatif, les collectivités territoriales et les départements sectoriels.

En fait, comme l’a annoncé le ministre délégué auprès du ministre de l’intérieur, l’INDH a introduit un nouveau modèle de gestion basé sur la bonne gouvernance, la transparence et le développement durable global. Matrice du projet sociétal marocain, conduit sous l’impulsion de SM MohammedVI, l’INDH s’est imposée, au fil des années, comme un outil efficace contre la marginalisation et qui facilite l’inclusion sociale. Onze ans après son lancement, cette initiative novatrice poursuit toujours son bonhomme de chemin  en apportant des réponses efficaces à même de relever le défi du développement humain durable et harmonieux.