FETE DU TRONE 2017 : Une année de grands changements dans le dossier du Sahara

Le Maroc continue de mener une offensive diplomatique sur tous les fronts. Une politique qui donne déjà ses fruits notamment en Afrique et en Amérique Latine. En même temps, l’avènement d’un nouveau Secrétaire général de l’ONU et d’un nouveau locataire de la Maison blanche conforte les positions du Maroc.

Le dossier du Sahara aura connu une année pour le moins mouvementée. De l’incident d’El Guergarate, géré avec sagesse et intelligence par le Maroc, aux toutes récentes tentatives du Polisario d’impliquer la justice interne des Etats tiers dans ce conflit, bien des évènements ont caractérisé cette année. Sur le plan des acteurs internationaux on citera la nomination d’un nouveau Secrétaire général de l’ONU, un fin connaisseur du dossier qui s’y est intéressé de près, dès son investiture. Antonio Guterres va plus loin que la gestion de la crise d’El Guergarate en proposant une nouvelle dynamique dans la résolution du conflit. Pour commencer il désigne un nouvel envoyé personnel qui saura faire preuve de plus de neutralité que son prédécesseur. Autre changement et non des moindres, la Maison blanche accueille un nouveau locataire, le républicain Donald Trump et donc une nouvelle direction, une nouvelle vision et un changement radical dans l’appréhension de ce dossier. Cela paraît nettement dans la position des Etats-Unis, rédacteur ou Pen-Holder dans le jargon onusien du projet de la dernière résolution du Conseil de sécurité se rapportant à la question, la résolution 2351 en l’occurrence, votée à l’unanimité qui plus est. Cette résolution qui, rappelons-le, a enterré définitivement le projet d’élargissement de la mission de l’ONU (la MINURSO) et la mise en place d’un mécanisme de monitoring des droits de l’Homme tout en appelant, sans détour, au recensement et à l’enregistrement des Sahraouis séquestrés dans les camps de Tindouf, sur le territoire algérien. Quelques semaines après l’adoption de cette résolution, le Président américain signe le décret portant promulgation de la Loi de finances de 2017. Cette loi prévoit que les fonds destinés au Maroc sont également utilisables au Sahara marocain. En effet, la loi dispose que «les fonds alloués [au Maroc] sous le Titre III … doivent être rendus disponibles à l’assistance au Sahara». De même, le rapport accompagnant ladite loi et explicitant ses dispositions réaffirme, sans ambiguïté, le soutien du Congrès américain à l’Initiative marocaine d’autonomie. Il souligne, ainsi, que «le Secrétaire d’Etat devrait poursuivre un règlement négocié de ce différend, conformément à la politique des Etats-Unis de soutenir une solution basée sur une formule d’autonomie sous la souveraineté marocaine». En outre, dans ce texte, l’Administration américaine est encouragée à soutenir les investissements du secteur privé au Sahara.

Un effort diplomatique intense

Derrière tout cela, un effort diplomatique intense et soutenu et une démarche pédagogique inlassable pour expliquer, éclairer et convaincre. Cette diplomatie royale agissante et proactive a permis, avec le temps, de consacrer la prééminence du Plan d’autonomie au Sahara, sous souveraineté marocaine, dans un contexte marqué par l’adhésion de la communauté internationale, comme en atteste, justement, la résolution 2351 du Conseil de sécurité. Laquelle résolution se veut la traduction dans les faits d’une approche royale, qui a fait franchir à la diplomatie marocaine de nouveaux paliers au-delà des sentiers battus, sur la voie de la défense des intérêts suprêmes de la nation. La reprise des relations diplomatique avec Cuba, l’un des soutiens inconditionnels du Polisario, après avoir opéré une incursion sans précédent en Amérique Latine et la conclusion d’un accord historique avec le Nigeria pour la réalisation du gazoduc trans-régional, constitue une preuve parlante de cette nouvelle démarche. C’est cette diplomatie agissante, cet effort inlassable d’explication, d’argumentation et de conviction, bref cette offensive diplomatique, qui a fait que le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait annoncé dans son rapport rendu public le 10 avril 2017, son intention de relancer le processus de négociations sur la base du réalisme et du compromis avec une nouvelle dynamique et un nouvel esprit pour parvenir à une solution politique mutuellement acceptable à la question du Sahara, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité. Le responsable onusien s’est même référé à plusieurs passages du discours royal du 6 novembre 2016 dans lequel il a été fait référence notamment au modèle de développement et aux projets qui ont été lancés dans les provinces du Sud et grâce auxquels elles sont devenues «un pôle de développement intégré et agissant dans son environnement régional et continental, et un axe pour la coopération économique entre le Maroc et sa profondeur africaine». C’est pour dire que tout le long des années, la diplomatie royale s’est dressée en rempart contre toute velléité visant à faire dérailler le processus onusien de ses paramètres fondamentaux, l’objectif étant une solution définitive qui ne peut être que politique basée sur la prééminence de l’initiative marocaine et les efforts du Maroc, reconnus au demeurant par la communauté internationale et le Conseil de sécurité comme étant «sérieux et crédibles». Le plan d’autonomie continue ainsi d’être considéré notamment par les puissances occidentales influentes comme étant sérieux, crédible et réaliste, et représente une approche potentielle pour satisfaire les aspirations de la population du Sahara à gérer ses propres affaires dans la paix et la dignité.