FETE DU TRONE 2017 : Une année à travers les discours royaux, les points saillants

Une année d’Afrique, par excellence. L’année écoulée est également une année charnière dans le processus démocratique. A travers ses discours, le Souverain est revenu sur plusieurs thématiques : le Sahara, le développement durable, la sécurité et la lutte contre le terrorisme, la réforme de l’Administration et la lutte contre la corruption et bien d’autres.

C’est définitivement une «année d’Afrique». Depuis le dernier discours du Trône, le 30 juillet 2016, l’Afrique est la thématique dominante dans tous les discours du Souverain. Il en a d’ailleurs consacré trois presque exclusivement à ce thème et a prononcé celui de la Marche verte à Dakar, au cœur de l’Afrique de l’Ouest. S’il est donc tout à fait logique que les discours du Souverain devant le Sommet de l’action africaine, en marge de la Cop22 à Marrakech, ou pendant le sommet de l’UA du 28 janvier, ou encore celui lu par S.A.R Moulay Rachid, le 3 juillet, au dernier sommet de l’Union soient entièrement consacrés à l’Afrique, le fait que le continent occupe une place importante dans les autres discours renseigne sur l’importance que lui accorde le Souverain. L’année écoulée est certainement celle du retour à l’UA, en attente de l’intégration effective, prochainement, de la CEDEAO. Mais ce n’est pas seulement cela. De manière générale, d’autres grandes thématiques comme l’évolution de la question du Sahara, le processus électoral et la démocratisation, la nouvelle politique étrangère, le développement durable, l’environnement, la migration, la régionalisation avancée, la sécurité et la lutte contre l’intégrisme ou encore la réforme de l’Administration et la lutte contre la corruption, sont revenues avec force dans les derniers discours royaux.

Ainsi, et comme il fallait s’y attendre, une partie du discours du 30 juillet 2016 a été consacrée aux élections. Nous sommes à la veille d’une campagne électorale qui s’annonce très animée. Le Souverain tient d’abord à rappeler quelques évidences. «(…), je ne participe à aucune élection et n’adhère à aucun parti. Car moi, je suis le Roi de tous les Marocains, candidats, électeurs et aussi ceux qui ne votent pas. Je suis également le Roi de toutes les formations politiques, sans discrimination ou exclusion», a notamment souligné le Souverain dans le dernier discours du Trône. Cela étant, S.M. le Roi a tenu également à rappeler aux partis politiques, leur condition et leur mission ainsi que la centralité du citoyen dans le processus politique et électoral.

Une étape importante

Il est revenu, par la même occasion, sur un concept lancé au début de son règne qui semble susciter encore quelques ambiguïtés chez certains. «Notre conception de l’autorité est une doctrine de pouvoir qui, contrairement à ce que pensent certains, ne se limite pas uniquement aux walis, aux gouverneurs et à l’Administration territoriale. Elle concerne aussi quiconque détient un pouvoir, qu’il soit un élu ou qu’il exerce une responsabilité publique, quelle qu’elle soit», précise SM le Roi. «Notre concept d’autorité se fonde aussi sur la lutte contre toutes les formes de corruption : dans les élections, l’Administration, la Justice, etc. Le manquement au devoir est aussi une forme de corruption», ajoute-t-il. Dans le même discours SM le Roi a évoqué la question de la sécurité et la stabilité dont jouit notre pays et qui fait notamment qu’«il y a aussi de plus en plus d’étrangers qui choisissent le Maroc pour y résider et s’y installer, (…), dont certains créent des sociétés privées. Ces étrangers vivent en toute sécurité et en toute quiétude, sous la protection du Commandeur des croyants et la responsabilité de l’Etat marocain».

Dans le même discours le Souverain s’est attardé sur les nouveaux paradigmes de la politique étrangère du Maroc, qui «s’appuie sur la diplomatie de la parole et de l’acte, tant en ce qui concerne la défense de la marocanité du Sahara que pour ce qui est de la diversification des partenariats ou de l’implication dans les questions et les problématiques internationales d’actualité». Un peu plus d’un mois plus tard, dans le discours du 20 Août, le Souverain est largement revenu sur la décision du Maroc de réintégrer l’UA. Une décision qui n’est finalement que «l’illustration de cet engagement d’aller de l’avant pour faire prévaloir les causes qui sont celles de ses peuples». En effet, poursuit le Souverain, «nous ne considérons pas l’Afrique comme un marché pour vendre et écouler les produits marocains, ou un cadre pour le lucre rapide, mais plutôt comme un espace d’action commune pour le développement de la région, au service du citoyen africain». Dans ce même discours S.M. le Roi a évoqué la question migratoire et les conditions des Subsahariens qui se trouvent au Maroc. En ce sens, précise le Souverain, « je tiens à réaffirmer que nous ne faisons que remplir le devoir qui nous incombe vis-à-vis de cette catégorie, étant donné qu’il s’agit de personnes que la précarité a poussées à risquer leurs vies et à quitter leurs familles et leur pays». L’extrémisme religieux et les méthodes viles et abjectes utilisées par ses promoteurs pour embrigader et endoctriner des personnes vulnérables a, par ailleurs, suscité l’indignation du Souverain qu’il a exprimée dans ce discours.

Bien sûr, le discours d’ouverture de l’actuelle législature en octobre dernier a été l’occasion pour revenir sur plusieurs thématiques dont l’évolution du processus démocratique. «La première législature s’est achevée après la promulgation de la Constitution de 2011. C’était une législature fondatrice, (…)», affirme S.M. le Roi. Et d’ajouter : «C’est dire que l’étape que nous abordons est autrement plus importante que les précédentes. Elle induit la nécessité de se pencher sérieusement sur les questions et les préoccupations réelles des citoyens, d’impulser l’action de service public de l’Administration et d’améliorer la qualité de ses prestations». Les dysfonctionnements de l’Administration ont, par ailleurs, été pointés du doigt dans ce discours. «Les administrations et les services publics accusent de nombreuses carences relatives à la faible performance et à la qualité des prestations qu’ils fournissent aux citoyens. Ils pâtissent également de la pléthore des effectifs, du manque de compétence et de l’absence du sens des responsabilités chez de nombreux fonctionnaires », constate le Souverain. S.M. le Roi a de même rappelé que «gérer les affaires des citoyens et faire aboutir leurs démarches est une responsabilité nationale et une charge considérable qui ne souffrent ni laisser-aller ni procrastination. Or, il est navrant de constater que certains exploitent le mandat qui leur est délégué par le citoyen, pour gérer les affaires publiques, et en profitent pour régler leurs affaires personnelles ou partisanes, au lieu de servir l’intérêt général, motivés en cela par des calculs électoralistes». Evoquant la régionalisation avancée, «devenue une réalité tangible», le Souverain affirme qu’elle «constitue la pierre angulaire sur laquelle l’Administration doit s’appuyer pour rapprocher le citoyen des prestations et des services et du centre de décision».

Le discours du 6 Novembre a ceci de particulier qu’il a été prononcé depuis Dakar. Et comme le veut la tradition, le discours a été consacré en grande partie à la question du Sahara. La politique africaine du Maroc a également été mentionnée dans ce discours, de même que la formation du nouveau gouvernement. Un gouvernement qui non seulement «ne doit pas être une affaire d’arithmétique, où il s’agit de satisfaire les desideratas de partis politiques et de constituer une majorité numérique, comme s’il était question de partager un butin électoral», mais il doit également faire de l’Afrique l’une de ses priorités.