FETE DU TRONE 2017 : Une action royale pour l’émergence du continent

Après des dizaines de voyages du Souverain dans les pays d’Afrique, un millier de conventions signées et de nombreux projets engagés, le Maroc passe à l’étape supérieure. Il a réintégré l’Union africaine et est en instance d’intégrer, en tant que membre à part entière, la CEDEAO.

Le 25 juin dernier, S.M. le Roi a nommé un fin connaisseur des questions multilatérales, Mohammed Arrouchi, comme représentant permanent du Maroc à l’Union africaine (UA). Le nouvel ambassadeur ne pouvait pas encore participer au sommet du 3 juillet, au cours duquel le Souverain a adressé un discours aux chefs d’Etat membres et présenté une feuille de route sur la migration. Cependant, cette nomination marque le commencement d’une nouvelle phase dans la politique étrangère du Maroc. Quelques mois plus tôt, c’est la date du 28 janvier qui restera à jamais gravée dans la mémoire des Marocains et des Africains. Cette date marque la réintégration officielle du Maroc au sein de sa famille. Tout le monde se souviendra de ce discours à la fois éloquent et émouvant du Souverain devant les chefs d’Etat africains dans lequel il a affirmé qu’«il est beau, le jour où l’on rentre chez soi, après une trop longue absence ! Il est beau, le jour où l’on porte son cœur vers le foyer aimé ! L’Afrique est mon continent, et ma maison». Un discours fondateur puisque le Souverain a tenu à préciser clairement les intentions du Maroc. «Nous n’ignorons pas que nous ne faisons pas l’unanimité au sein de cette noble assemblée. Loin de nous l’idée de susciter un débat stérile ! Nous ne voulons nullement diviser, comme certains voudraient l’insinuer! Vous le constaterez: dès que le Royaume siégera de manière effective, et qu’il pourra apporter sa contribution à l’agenda des activités, son action concourra, au contraire, à fédérer et à aller de l’avant», a notamment affirmé S.M. le Roi dans ce discours historique. Six mois plus tard, dans un autre discours lu par S.A.R le Prince Moulay Rachid devant les mêmes chefs d’Etat africains, le Souverain réitère cet engament : «Comme il s’y était engagé, le Maroc a participé à toutes les réunions, selon l’esprit constructif que j’avais annoncé dans mon discours d’Addis-Abeba : Nous ne voulons nullement diviser, comme certains voudraient l’insinuer. (…) Dès que le Royaume siègera de manière effective, et qu’il apportera sa contribution à l’agenda des activités, son action concourra, au contraire, à fédérer et à aller de l’avant». Entre-temps, le Maroc a poursuivi le processus d’accès aux instruments juridiques, afin de participer pleinement aux activités de l’organisation et contribuer à l’agenda de tous les organes. En parallèle, le Maroc tente un nouveau défi. Il demande et arrive à se faire accepter (il a eu l’accord de principe), comme membre à part entière de la CEDEAO. Si le retour au sein de l’UA l’a repositionné au cœur de la famille institutionnelle africaine, le Royaume est aujourd’hui à deux pas d’intégrer officiellement la Communauté économiques des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Une preuve s’il en est que le Maroc fait montre de son engagement et de sa volonté réelle de contribuer concrètement, en tant qu’acteur majeur, à l’essor d’un continent tourné vers l’avenir. Faire partie intégrante de cet espace économique sous-régional n’est désormais pour le Maroc qu’une question de formalité d’usage. Le 51e Sommet de l’organisation a, en effet, donné son accord de principe, en juin dernier à Monrovia, à la demande déposée quelques mois auparavant par le Royaume pour intégrer, en tant que membre à part entière, la CEDEAO.

Ce retour à l’UA et cette prochaine intégration à la CEDEAO ne sont, en effet, que le couronnement logique d’une vision fondée sur une politique volontariste d’ouverture conduite avec sagesse et détermination par le Souverain qui place le continent au cœur de la politique étrangère du Royaume. Une politique basée sur de l’action solidaire que le Maroc mène sur le terrain avec de nombreux pays du continent pour y assurer la promotion du développement économique et humain, au service du citoyen africain.

Par ailleurs, outre la coopération bilatérale et avec les ensembles régionaux, ce retour du Maroc à l’UA «permettra à notre pays de s’impliquer dans les stratégies de développement sectorielles en Afrique et d’y contribuer efficacement en les enrichissant de l’expérience singulière que le Maroc a accumulée dans de nombreux secteurs», affirme le Souverain dans un de ses récents discours. Ainsi, note S.M. le Roi, le retour du Maroc au sein de sa famille institutionnelle «le mettra en capacité de faire entendre la voix du continent dans les forums internationaux. Il lui permettra également de poursuivre et de renforcer son engagement pour trouver des solutions objectives à ces problématiques, en respectant les intérêts et les spécificités des peuples africains». En ce sens, le Maroc s’est engagé à «continuer à contribuer à la consolidation de la sécurité et de la stabilité dans les différentes régions qui vivent des situations de tension et de guerre, et d’œuvrer au règlement des différends par les moyens pacifiques». Ce retour sera, également, l’occasion pour le Maroc de «renforcer son implication dans les efforts continentaux de lutte contre l’extrémisme et le terrorisme, qui hypothèquent l’avenir de l’Afrique». Le Maroc est disposé à partager une expérience singulière mondialement reconnue dans ce domaine avec différents pays africains. Cela parce que, pour le Maroc, l’Afrique, c’est «bien davantage qu’une appartenance géographique et des liens historiques. Elle évoque, en vérité, des sentiments sincères d’affection et de considération, des liens humains et spirituels profonds et des relations de coopération fructueuse et de solidarité concrète», affirme le Souverain. «Elle est, somme toute, le prolongement naturel et la profondeur stratégique du Maroc», ajoute-t-il.

En d’autres termes, «l’intérêt du Maroc, c’est aussi l’intérêt de l’Afrique, et que son devenir ne peut se concevoir sans elle. Nous pensons que le progrès et la stabilité sont partagés ou ne sont pas». C’est que le Maroc ne considère aucunement l’Afrique comme «un marché pour vendre et écouler les produits marocains, ou un cadre pour le lucre rapide, mais plutôt comme un espace d’action commune pour le développement de la région, au service du citoyen africain». Pour illustrer cette vision, le Maroc «ne se limite pas à exporter des médicaments, mais il tient à construire des laboratoires pharmaceutiques, et bâtir des établissements et autres centres de santé».