FETE DU TRONE 2017 : Pour une intégration réussie des migrants

Le Maroc, sous la conduite de S.M. le Roi, a su anticiper les défis et les problèmes et a initié en septembre 2013 une nouvelle politique migratoire permettant une gestion plus humaine des flux des migrants clandestins.

C’est un autre domaine où le Maroc s’est rapidement érigé en modèle. La politique migratoire du Maroc est à la fois singulière et innovante. Ce qui fait dire à une experte internationale en la matière que «contrairement aux pays européens qui n’ont pas pris la peine de réfléchir à une véritable politique d’intégration de leurs migrants, le Maroc semble réussir ce défi». Le Maroc, sous la conduite de S.M. le Roi, a su anticiper les défis et les problèmes, comme on le voit avec le développement des énergies renouvelables, et a initié en septembre 2013 une nouvelle politique migratoire permettant une gestion plus humaine des flux des migrants clandestins.

L’objectif de cette approche royale du phénomène migratoire est de garantir une intégration réussie de ces migrants fondée sur des droits et des obligations, à travers notamment l’accès aux services de base (santé, éducation, emploi). Cette politique s’inscrit, d’ailleurs, dans le cadre de la diplomatie africaine du Royaume et propose un exemple qui intéresse déjà de nombreux pays qui souhaitent s’en inspirer, comme la Côte d’Ivoire. Ce n’est, au demeurant, pas pour rien que le Maroc a été chargé de la question migratoire au sein de l’UA. En effet, le Maroc, qui a réintégré le 30 janvier 2017 l’UA, se pose déjà en exemple dans la gestion des migrants, depuis qu’il a adopté en 2013 une nouvelle politique migratoire et mené deux campagnes de régularisation de clandestins, pour la plupart subsahariens. Le Souverain a affirmé à cet égard dans le discours lu, le 3 juillet, par S.A.R le prince Moulay Rachid au dernier sommet de l’UA, «L’Afrique perd ses jeunes, par la migration légale ou illégale. Cette déperdition est injustifiable». Et de s’interroger : «Le destin de nos jeunes est-il au fond des eaux de la Méditerranée ? Leur mobilité doit-elle devenir une hémorragie ?», pour conclure qu’ «il nous appartient au contraire de la gérer pour en faire un atout».

Dans les faits, affirme S.M. le Roi, «des milliers de jeunes africains tentent clandestinement de gagner la rive nord de la Méditerranée, à la recherche d’une vie meilleure, avec tous les risques que l’on connaît. Ils sont des hommes de valeur, des ressources humaines pour notre continent». C’est pour cela que le Souverain a appelé à la mise en place d’une «Vision africaine commune sur la migration, ses enjeux et ses défis». Il s’agit avant tout, poursuit S.M. le Roi, de «modifier nos perceptions face à la migration, de l’aborder, non comme une contrainte ou une menace, mais comme une force positive. De tous temps, la migration n’a-t-elle pas été un facteur de rapprochement entre les peuples et les civilisations ? Traiter le défi de la migration requiert une approche novatrice qui permette d’évaluer les causes, l’impact, d’envisager des solutions, notamment par la création de synergies entre les politiques de développement et de migration».

Pour cela, «nous devons travailler conjointement à l’élaboration d’un agenda africain sur cette thématique; il articulerait une vision commune des voies et des moyens de traiter la question de la migration au sein de notre continent et dans les instances internationales», affirme le Souverain. En attendant, le Maroc continue sur la voie de la mise en œuvre de sa stratégie nationale en matière d’immigration et d’asile élaborée pour assurer des conditions de vie dignes et d’insertion économique et sociale. Une stratégie qui fait que, pour reprendre un passage du discours du Souverain lors du sommet de l’UA, le 31 janvier, «à l’intérieur de mon pays, les Subsahariens sont accueillis dans les termes que nous avions annoncés : plusieurs opérations de régularisation ont été lancées (…). Elles étaient nécessaires, vitales pour ces hommes et ces femmes qui ont trop longtemps souffert de la clandestinité. Et nous agissons pour que ces personnes ne vivent plus en marge, sans emploi, sans soin, sans logement, sans accès à l’éducation. Nous agissons pour que les couples, en particulier les couples mixtes, composés de Marocains et de conjoints subsahariens, ne soient pas séparés. Toutes ces actions constructives, en faveur des immigrés, ont ainsi justement conforté l’image du Maroc, et renforcé les liens que nous avions d’ores et déjà constitués».

Le phénomène migratoire n’est pas nouveau pour le Maroc. Terre d’émigration, puis de transit, il est devenu progressivement un pays d’accueil et d’immigration. Depuis le début du millénaire, le Maroc a été le confluent d’un brassage humain, culturel et civilisationnel important, consolidant sa vocation de diversité, de tolérance et d’ouverture et sa capacité d’intégration de l’autre. Au début des années 2000, les autorités marocaines ont mis en place une première stratégie de mise à niveau qui s’est déclinée en termes de réformes juridiques, institutionnelles, ainsi que d’actions de sensibilisation au développement durable et au codéveloppement. En 2007, le Maroc a élargi l’approche à travers des processus de gestion complémentaire inhérents à la prévention, la protection et la lutte contre les réseaux de trafic d’immigrés. Cependant, cette démarche s’est focalisée uniquement sur l’approche institutionnelle, réglementaire et opérationnelle de la problématique de l’immigration et de l’environnement du migrant. En 2013, l’initiative de S.M. le Roi de lancer une stratégie nationale d’immigration et d’asile a rompu avec cette exception en plaçant le migrant au centre de ses préoccupations et en faisant du respect de ses droits et de sa dignité un référentiel.