Fête de l’Istiqlal, la date annonçant l’édification du Maroc contemporain

Ce 18 novembre, le Maroc célèbre le 67e anniversaire de la proclamation de la libération et de l’indépendance par le Roi Mohammed V.

La date de l’indépendance du 18 novembre 1955, proclamée par feu Mohammed V, constitue l’acte de naissance d’un Maroc indépendant, d’un Maroc libéré du joug du colonialisme. «Nous nous réjouissons de pouvoir annoncer la fin du régime de tutelle et du protectorat et l’avènement d’une ère de liberté et d’indépendance», avait déclaré le Sultan. C’est lui-même qui posa les jalons du nouvel Etat marocain. Le Maroc s’est engagé dans un laborieux processus de modernisation administrative, basée essentiellement sur les paramètres de la décentralisation, de la déconcentration et de la régionalisation. Le Royaume va donc se distinguer par sa nature à la fois libérale et progressiste. A l’époque, en Afrique et dans presque tous les pays arabes c’est le parti unique et la centralisation totale qui prédominaient. Conscient de la gravité de l’héritage légué par le protectorat, le nouveau Maroc opte pour un choix volontariste et déterminé : Il signe la rupture avec le passé et dessine une nouvelle organisation administrative de proximité. Avec la mise en place de 800 collectivités territoriales de base et l’installation d’un système électif et pluraliste pour la désignation des Conseils communaux et l’adoption du suffrage universel direct, le Maroc entame à partir de 1959 une pratique moderne de la gestion locale. C’est sur ces valeurs de pluralisme et de démocratie que va être érigé le nouveau Maroc, contrairement à plusieurs pays fraîchement décolonisés qui tombaient droit dans les bras du camp «socialiste». Un choix courageux mais avec plein de défis en perspective, car il ne s’agit plus d’un pays seulement libéré mais un pays qui se mobilise pour ériger un édifice constitutionnel.

Un cours logique de l’histoire du Maroc
L’Histoire c’est que suite à la tristement célèbre Conférence d’Algésiras de 1906, une demie douzaine de puissances impériales de l’époque (France, Angleterre, Espagne, Italie, Allemagne et Russie) décidèrent de dépecer le Maroc comme un gâteau d’anniversaire. Le traité du protectorat, imposé au Sultan Moulay Hafid, fut signé à Fès le 30 mars 1912.
Depuis son avènement en 1927, le Roi Mohammed V appelé alors le Sultan Mohammed Ben Youssef, va petit à petit tracer un autre parcours avec son peuple et le Mouvement nationaliste. Moins de 30 ans plus tard, le monde va assister à la renaissance du Maroc sur les décombres d’un protectorat défait par le Roi et le peuple…
C’est l’aspect de l’Etat moderne donné par Mohammed V tant et si bien que les efforts du peuple dans le processus d’édification nationale ont été confortés par la vision sage et clairvoyante de feu Hassan II, qui a posé les jalons de la démocratie, du pluralisme politique et du libéralisme économique.
S’ensuivit le parachèvement de l’unité territoriale, en l’occurrence la récupération de Sidi Ifni en 1969, des provinces du Sud après l’organisation de la glorieuse Marche verte en 1975 et ensuite de la province d’Oued Eddahab le 14 août 1979. Dans la suite logique de ce parcours marocain, et sous le leadership de SM MohammedVI, immédiatement après son intronisation, on assistera à la mise en place des bases de la modernisation économique du Royaume et la consécration des valeurs de citoyenneté et de l’État de droit et d’institutions. Célébrer régulièrement cet anniversaire traduit clairement la conviction d’adhésion totale et de soutien intransigeant aux efforts déployés pour préserver l’intégrité territoriale du Maroc, et conforter sa position singulière en tant que pays catalyseur de développement et pourvoyeur de paix et de sécurité.