Entre le PJD, le PAM et l’Istiqlal, c’est du donnant-donnant !

Cinq avocats et un professeur universitaire représenteront le Parlement à la Cour constitutionnelle.

Nos partis politiques nous ont fait une démonstration publique du principe du donnant-donnant. Qui aurait pu imaginer, connaissant le degré d’animosité entre les deux partis, que le PJD voterait pour le PAM et vice-versa ? Mardi, lors de l’élection, ou plutôt la confirmation, de la liste des membres de la Cour constitutionnelle désignés par le Parlement, les élus PAM ont voté pour le candidat PJD à la première Chambre et les conseillers islamistes ont fait de même pour le candidat PAM à la deuxième Chambre. L’Istiqlal a également voté pour le PAM en échange du vote de ce dernier pour le candidat istiqlalien. Nous sommes loin d’un échange de bons procédés, mais il s’agit d’une entente préalable entre ces formations. Certains observateurs diront que les partis auraient agi ainsi dans l’intérêt général, puisque c’est la seule manière pour les candidats de recueillir le vote exigé des deux tiers des membres composant chaque Chambre. Autrement, on aurait débouché sur un blocage. Or, les rédacteurs de la Constitution ont bien prévu le cas où un candidat, ou même plusieurs, n’arrive pas à se faire élire. L’article 130 de la loi suprême précise que «(…). Si les deux Chambres du Parlement ou l’une d’elles n’élisent pas les membres précités dans les délais requis pour le renouvellement, la Cour exerce ses attributions et rend ses décisions sur la base d’un quorum ne tenant pas compte des membres non encore élus. (…)»

Les élus, députés et conseillers ont donc fini par désigner les six membres de la Cour, cinq avocats représentant le PJD, l’Istiqlal, le RNI, l’USFP et le MP et un professeur universitaire représentant le PAM. L’élection intervient au moment où le Conseil constitutionnel vient d’invalider l’élection de 15 membres de la deuxième Chambre, dont une douzaine pour corruption électorale. Et ce, après avoir statué sur un total de 32 recours.