Entre Benchamach et Chikhi, pour qui votera la majorité ?

Les élections à la deuxième Chambre démarrent dans quelques heures. Deux candidats sont déjà en lice pour la présidence. Il s’agit de Hakim Benchamach, président sortant qui souhaite rempiler et le candidat surprise du PJD, Nabil Chikhi, également chef de groupe parlementaire du parti islamiste.

Si depuis quelque temps, cette élection ne suscitait pas un grand intérêt, du moins celui de la majorité des observateurs politiques, ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Il s’agit du renouvellement du bureau de l’institution et l’élection de son nouveau président. Jusque-là rien d’anormal puisque tout est prévu par la Constitution. Ce qui l’est, par contre, c’est le comportement des acteurs politiques, notamment la majorité et l’opposition. Il y a quelques semaines, l’Istiqlal annonçait en effet, à l’issu d’une réunion de son comité exécutif, qu’il allait présenter un candidat à la présidence de la Chambre sans citer de nom. L’ancien ministre délégué chargé de l’artisanat dans le premier gouvernement de Benkirane, Abdessamad Qayouh était tout indiqué pour briguer, pour la deuxième fois le poste. Il devait affronter le candidat du PAM, le président sortant, Hakim Benchammach. Seulement, alors que l’Istiqlal tardait à nommer son candidat, les scénarios se multiplient et le nom du patron de l’UGTM, syndicat affidé à l’Istiqlal, Ennaâma Miyara, commence à être de plus en plus évoqué. Tantôt on avance sa proximité de l’homme fort de l’Istiqlal au Sahara, qui a pris dernièrement des galons au sein du parti, Hamdi Ould Rachid, tantôt l’avantage des origines sahraouies de ce candidat potentiel. Vendredi dernier, coup de théâtre, le parti met fin à toutes ces conjonctures et se rétracte. Evoquant « le flou qui caractérise actuellement l’action politique, le comité exécutif du parti annonce sa décision à l’unanimité de ne plus présenter de candidat.

Quant à la majorité, ses membres ont pris l’engagement lors de leur dernière réunion de ne pas présenter de candidat commun. De plus, aucun de ses membres n’allait pas non plus en présenter. Conséquence logique, les partis de la majorité allaient voter pour un candidat de l’opposition. Sauf que, et là c’est un autre revirement, le PJD fit faux bond à ses alliés et décide de se lancer dans la course, via la candidature du chef de son groupe parlementaire. Mais avec ses 15 conseillers et sa position, de loin la troisième force politique après le PAM et l’Istiqlal qui en ont 25 chacun, on ne peut pas dire que c’est gagné d’avance. En théorie, et même avec l’appui des autres membres de la majorité, ce sur quoi il ne peut certainement pas compter, le candidat islamiste ne devrait pas réunir plus de 52 sièges, soit à peine 43% des votes.