Enseignement, formation, innovation : Une réforme à trois facettes

La recherche scientifique et l’innovation figurent également parmi les priorités.

La feuille de route de l’enseignement est lancée. A l’université, un pacte pour la transformation de l’enseignement supérieur démarre à compter de cette rentrée. Deux des trois Cités des métiers et compétences achevées ont ouvert leurs portes.

L’école de l’égalité des chances. C’est ainsi qu’on peut résumer la feuille de route initiée par le gouvernement dans le cadre de la réforme du système de l’éducation et de la formation. Le déploiement de cette feuille de route suppose de faire face à plusieurs problématiques. La première étant le déficit en structures d’accueil et en cadres qualifiés dans le préscolaire. La deuxième problématique est liée à la déperdition scolaire qui touche plus de 300 000 élèves chaque année. La troisième étant la faiblesse de l’assimilation scolaire, notamment au primaire et au collège, seulement 30% des élèves disposent d’acquis en lecture et en mathématiques au terme du primaire, taux qui baisse à 10% pour le collège. Les deux autres grandes problématiques sont liées à la faiblesse des infrastructures et équipements dans les établissements scolaires et à la nécessité d’une approche globale pour valoriser le métier d’enseignant.
Pour répondre à ces problématiques, la feuille de route prend en compte toutes les parties prenantes, plus particulièrement les élèves, les familles et les enseignants. Cette vision demande un budget additionnel de 25 MMDH sur les 5 prochaines années. Le gouvernement a déjà prévu 6,5 MMDH de crédits supplémentaires alloués au secteur au titre de la Loi de finances 2023, ce qui porte le budget consacré à l’éducation pour l’année prochaine à environ 69 MMDH.
Ce faisant, l’Exécutif garde toujours le cap sur trois objectifs majeurs. Réaliser la scolarisation obligatoire et inclusive en réduisant de manière soutenable l’abandon scolaire dans une proportion de 30% à 50%. En même temps, garantir les apprentissages afin qu’au moins deux tiers des élèves puissent maîtriser les compétences fondamentales à la fin du cycle primaire, contre un tiers actuellement. Le troisième objectif est de favoriser l’épanouissement à travers l’accès à des activités d’enrichissement propices au développement des valeurs civiques et des compétences transversales, comme la curiosité, la culture générale, la créativité et l’aptitude à la communication. Pour atteindre ces objectifs la feuille de route s’appuie sur trois axes : Des élèves épanouis, maîtrisant les apprentissages fondamentaux et achevant leur scolarité obligatoire, des enseignants valorisés, formés et pleinement engagés pour la réussite des élèves et des établissements modernisés, animés par une équipe pédagogique dynamique et offrant un cadre d’épanouissement.

L’université et la formation professionnelle aussi
Cela dit, l’enseignement ce n’est pas que le primaire et le secondaire. La réforme de l’enseignement supérieur fait également partie du lot. En ce sens, le développement du système de l’enseignement supérieur et de recherche scientifique et de l’innovation demeure aussi l’une des priorités gouvernementales. Dans ce cadre, il s’agit de promouvoir le rôle primordial de l’enseignement supérieur dans la qualification des jeunes pour leur insertion professionnelle et sociale, l’amélioration de la compétitivité des entreprises et de l’économie nationale, le renforcement des ressources humaines qualifiées et le développement de la recherche scientifique et de l’innovation. D’où le projet de Plan national d’accélération de la transformation de l’écosystème d’enseignement supérieur (PACTE ESRI) que le gouvernement entreprend de mettre en application. L’année universitaire 2022/2023 est, en ce sens, le point de départ pour le lancement d’un ensemble de mesures et de chantiers prioritaires relatifs à la réforme pédagogique globale, au développement du système de la recherche scientifique et d’innovation et au renforcement de la gouvernance du système et l’amélioration de sa performance.
La formation professionnelle n’est pas en reste, sur les 12 Cités des métiers et des compétences (CMC) programmées, trois ont été achevées à fin juin 2022, celle de la région Souss-Massa, l’Oriental et de Laâyoune-Sakia Al Hamra. La CMC d’Agadir a ouvert ses portes le 4 octobre et celle de Nador a accueilli ses premiers stagiaires le 24 octobre. Elles représentent une capacité d’accueil de 8 340 places pédagogiques, soit 26% de l’offre globale des CMC. Les neuf autres cités sont en cours de construction et seront achevées d’ici septembre 2023. La formation à la cité des métiers et des compétences est dispensée selon un nouveau modèle pédagogique visant le développement des compétences soft et métier. Ce modèle prône également un apprentissage immersif, à travers le «Learning by doing». Les CMC seront gérées par des Sociétés de gestion déléguées (SGD) dont le capital pourrait associer l’OFPPT, les régions, les associations et les fédérations professionnelles. Notons que le financement de ce programme, dont le budget s’élève à 3,6 MMDH est assuré par le Fonds Hassan II à hauteur de 2 MMDH et l’OFPPT pour 1,6 MMDH et le ministère de l’industrie et du commerce à hauteur de 63,3 MDH.

Des actions concrètes pour une école de qualité

• Préscolaire : Allocation par le gouvernement d’une enveloppe de 2 MMDH.
• Lutte contre le décrochage scolaire : Allocation d’un budget de 420 MMDH pour la mise en œuvre d’un nouveau modèle pédagogique.
• Soutien scolaire à 360 000 élèves : Un budget de 300 MDH leur sera alloué :
• Infrastructures : Remise en état et mise à disposition d’équipements : 1,7 MMDH, en hausse de 300 MDH par rapport à 2022.
• Propreté & gardiennage des établissements scolaires : 330 MDH ont été alloués à ce poste budgétaire, portant un crédit global affecté à ces prestations de 1,3 MMDH.
• Revalorisation du métier d’enseignant : Unification du statut assurant les mêmes droits à tous les cadres pédagogiques avec la suppression des 12 statuts régionaux.
• Régularisation des arriérés de promotion avant fin 2022 pour un montant de 2 MMDH.
• Formation des enseignants du primaire et du collège au titre de la période 2022-2026 pour un montant de 4 MMDH et a programmé 328 MDH au titre de la formation pour l’année 2023.
Développement de l’utilisation des TIC qui porte principalement sur les équipements numériques avec une enveloppe budgétaire de 400 MDH.
• Développement du soutien pédagogique au profit des élèves du cycle primaire ayant des lacunes d’apprentissage en adoptant l’approche de l’enseignement au bon niveau (TARL), une méthode indienne qui a fait ses preuves. Une enveloppe budgétaire de l’ordre de 300 MDH a été mobilisée à cet effet.
• Renforcement du sport scolaire, notamment à travers l’augmentation du nombre des centres sportifs au niveau primaire de 180 à 260 et le doublement des établissements ayant une filière «sport et études» pour atteindre 5 000 élèves contre 2 885 actuellement.