Elections : Une campagne au féminin

une femme candidate de la liste nationale ne débourse aucun centime pour sa campagne. La liste, elle-même, ne nécessite pas une campagne électorale spécifique

A priori, une femme candidate de la liste nationale ne débourse aucun centime pour sa campagne. La liste, elle-même, ne nécessite pas une campagne électorale spécifique. C’est pour cela que, affirme Boutayna Iraqi Houssaini, député RNI, «aucune forme d’aide n’est prévue pour les femmes candidates de la liste nationale». Pire, ajoute la parlementaire, «le parti estime que c’est déjà un cadeau qu’il leur fait, alors que les femmes députées ne chôment vraiment pas une fois élues au Parlement. On nie tout simplement leurs compétences et surtout on estime que les élections sont une affaire d’hommes».
Malgré cela, la parlementaire RNI assure ne pas être restée les bras croisés durant toute la campagne. «Comme j’habite à Rabat, j’ai soutenu le candidat de ma circonscription et participé à sa campagne électorale», précise-t-elle.

Un peu plus au nord de Rabat, à Souk Larbâa, dans le Gharb, la députée MP, Fatna El Khiel, a fait campagne pour des élections directes, en 2007, pour son deuxième mandat. «Quand on est une femme et qu’on veut se présenter à des élections directes, il faut avoir une assise politique et une conduite morale exemplaire», affirme la députée, médecin de formation et acteur associatif très en vue dans sa région.

Pour cette députée, avant de mener sa campagne, il fallait mettre en place un programme d’action et s’assurer les moyens humains, financiers et logistiques pour le mettre en œuvre. «Dans mon cas, explique-t-elle, après plusieurs législatures les habitants de ma circonscription ont tout simplement voulu un changement. Et comme j’étais socialement très active dans cette zone rurale, notamment pour avoir aidé, à travers l’association que je préside, à implanter une école moderne et une maison d’accouchement, on m’a donné ma chance, on m’a soutenue».
Concrètement, la circonscription compte 13 communes rurales et, pour sa campagne, Fatna El Khiel a loué des fourgons Mercedes en 2007. Chacun permettant de transporter une quinzaine de personnes soigneusement sélectionnées en raison de leur connaissance de la région et ses habitants.
Il fallait aussi prévoir, en plus des frais de carburant, de quoi nourrir tout ce monde. Certains membres de la campagne sont payés à la journée. Ce sont des saisonniers engagés occasionnellement pour les besoins de la campagne. Leur tâche consiste à préparer le terrain pour chaque visite dans les douars. Le jour de vote, il fallait s’assurer les services de plus de 400 représentants dans les bureaux de vote, payés 100 DH chacun.

Pourtant, «au début, en 2002, le parti ne croyait pas beaucoup en moi. Je n’ai pu terminer ma campagne que grâce à des contributions généreuses de certaines personnalités de ma circonscription. Ce sont des gens volontaires et sincères qui voulaient participer au changement dans leur région. En 2007, la situation a quelque peu changé», confie-t-elle. Et comme les autres candidats, la députée a pu bénéficier, après présentation des factures et documents requis, de la dotation versée par l’Etat aux candidats élus.