Elections partielles : le choix du 8 septembre confirmé

Le RNI est arrivé en tête dans les deux circonscriptions concernées, Al Hoceima et Meknès. A Al Hoceima, les trois partis de la coalition gouvernementale ont remporté l’écrasante majorité des voix. Le PJD a raté son retour sur la scène.

Les urnes ont tranché. Elles ont confirmé le choix déjà exprimé par les citoyens au cours du scrutin du 8 septembre 2021. Jeudi, 21 juillet, des élections législatives partielles ont eu lieu à Al Hoceima et Meknès, soit cinq sièges au total.  Une large victoire des trois formations arrivées en tête des échéances du 8 septembre, le RNI à leur tête. Le parti du chef du gouvernement est arrivé en tête au scrutin partiel d’Al Hoceima talonné légèrement par le PAM, puis l’Istiqlal. Ainsi, les quatre sièges de la circonscription d’Al Hoceima ont été remportés par Boutahar El Boutahri du RNI, Mohamed Hammouti du PAM, Noureddine Modiane du PI et Abdelhak Amghar de l’USFP. Le quatrième siège est donc revenu à l’USFP, alors que le MP a fait certainement les frais d’une opposition mal avisée et populiste et a, de ce fait, perdu son siège. L’ancien ministre Mohamed Laaraj a ainsi raté son retour à l’hémicycle. A Meknès, où le RNI, avec comme candidate une jeune novice, Sophia Tahiri, a raflé plus de 65% des voix.  Son rival direct n’était autre que le PJD qui, jusqu’à hier encore, considérait cette circonscription comme son fief électoral. A part le RNI, les autres grandes formations ne se sont pas présentées.

Quelle leçon peut-on tirer de ce scrutin partiel, limité en nombre de sièges, hautement symbolique ? D’abord, non seulement ces élections confirment la débâcle électorale du PJD, mais elles ont anéanti tout espoir de retour en force porté en et par la nouvelle direction. Le retour du nouvel-ancien secrétaire général, avec son discours habituel, n’aura finalement eu aucun effet sur les électeurs. Pourtant au vu de la campagne que le parti a menée dans les deux circonscriptions concernées, il était clair qu’il comptait sur au moins deux sièges pour assurer son retour sur la scène. Il n’en a rien été. Ce qui implique, et c’est la deuxième conclusion à tirer de ce scrutin, que la base électorale du parti islamiste, réputée stable et disciplinée, a elle aussi périclité. La troisième leçon, et comme déjà précisé plus haut, ces élections partielles ont eu les mêmes résultats que celles du 8 septembre. Ce qui confirme que le choix que les électeurs ont porté sur les trois partis à la tête des élections et sur leurs programmes reste inchangé.

Autre leçon et non des moindres, la sorte de campagne engagée sur les réseaux sociaux est complètement déconnectée avec la réalité sur le terrain. Elle ne sera jamais traduite en voix électorales.

Rappelons que les cinq sièges objet de ces élections partielles avaient été invalidés par la Cour constitutionnelle, le 18 mai dernier. Cette décision a créé une situation inédite à la première Chambre. On compte parmi les députés dont le mandat a été annulé, et dont la plupart a reconquis son siège, un chef de groupe parlementaire et un membre du bureau de la Chambre et un président de commission. Ces postes sont restés, depuis, vacants.