Elections : Comment en finir avec le blocage des grandes villes ?

Des présidents de commune élus directement au suffrage universel pour renforcer leur stabilité. Les trois ou quatre partis arrivés en tête auraient automatiquement la majorité absolue.

C’est un constat : Casablanca, Tanger, Oujda et bien d’autres villes ont vécu cette année sous le signe de blocages souvent factices. On aura tout tenté, mais les dysfonctionnements subsistent. La signature, en septembre 2011, d’une charte d’honneur entre le PAM, le RNI et l’UC n’a, ainsi, pas pu éviter à la ville de Tanger ou de Casablanca de vivre des tensions qui ont failli paralyser les deux villes. Les interventions de l’autorité de tutelle n’ont pas non plus tout à fait résolu le problème. Et même si le PJD et l’Istiqlal sont dans la même majorité gouvernementale, cela n’a pas permis d’éviter les tiraillements entre les représentants à l’échelle locale des deux formations à Oujda.

«C’est malheureux et on souhaite vivement que cela ne se produira plus dans le futur», affirme Chafik Rachadi, président du groupe du RNI à la première Chambre. Mais, comment l’éviter ? «C’est une situation intenable. Beaucoup d’idées sont proposées, et ce sera au gouvernement de trancher», soutient Abdessamad Sekkal, membre de la commission des élections au PJD. D’abord, explique-t-il, il faut apporter un changement au mode des élections des conseils pour avoir une plus grande cohésion.

On peut évoquer en ce sens la possibilité d’élection directe du président du conseil de la ville, au lieu que ce soit le conseil qui le désigne. On peut également limiter la gestion de la ville aux trois premiers partis comme on peut confier la gestion d’une ville à un seul parti, à condition toutefois de recueillir la majorité absolue des voix. «Il y a un débat à ouvrir en ce sens pour se mettre d’accord sur l’approche appropriée», affirme M. Sekkal. De même qu’on peut agir, et c’est une seconde option, sur les attributions du président et de l’assemblée. «N’est-il pas possible de donner un rôle beaucoup plus important à l’Exécutif et réduire l’objet des délibérations aux questions d’orientations générales ?» s’interroge-t-il. En d’autres termes, le conseil examine et vote le plan d’action communal et le président se charge de la gestion directe de la commune. Il faudra mettre en place ensuite des mécanismes de contrôle.  

Autre piste de travail : pourquoi ne pas reproduire l’alliance qui forme la majorité gouvernementale au niveau local ? «La question fait actuellement objet de débat entre les membres de la majorité», confie M. Sekkal. Il a même été question de listes communes aux quatre formations de la majorité, mais pour le moment tout le monde n’est pas séduit par cette idée. Les partis attendent d’abord de voir ce à quoi vont ressembler les futures régions avant de décider. Ils se montrent d’autant plus prudents que la régionalisation offre de grands attraits pour lesquels les partis sont prêts à se mettre en concurrence. Pour le moment, ce qui est plus plausible, c’est une coordination au niveau local, après les élections pour tenter de former des majorités cohérentes dans différents conseils locaux.

 

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